Pour le bicentenaire de Napoléon

On 29 April 2021, by Sophie Reyssat

De la gloire du sacre au séjour de Sainte-Hélène, documents, objets et œuvres d’art retracent le destin de l’Empereur.

Napoléon Ier. Chemise en batiste brodée de la marque au «N» sous couronne impériale en fils de soie rouge.
Estimation : 30 000/40 000 €

Paire de bas tissés en soie teintée rouge, brodés à jours au «N» sous couronne et au chiffre «58», l. 76, l. du pied : 27,4 cm.
Estimation : 8 000/12 000 €

Cette dispersion bellifontaine célèbre à la fois le bicentenaire de la mort de Napoléon Ier et les vingt années de ventes consacrées aux souvenirs de l’Empire par la maison Osenat. Le destin de Bonaparte est scellé le jour où il se couronne lui-même, à Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804. Bien qu’il soit un fils de la Révolution, il souhaite sacraliser son accession à la dignité impériale pour asseoir sa légitimité aux yeux de tous. La présence du pape Pie VII est donc requise lors de la cérémonie, immortalisée par Jacques Louis David. Découpée dans un carnet de dessins – celui maintenant conservé au Fogg Art Museum de Cambridge – avant la mort de l’artiste, et conservée dans la descendance des ducs de Bassano, une feuille montre une étude du souverain pontife. Son attitude, mains sur les genoux, n’a pas été reprise dans le tableau final, conservé au Louvre, et qui montre Pie VII levant la main droite pour bénir le nouvel empereur. Au verso du folio, figure une esquisse de draperie (13 18 cm, 6 000/8 000 €). Les souvenirs de Napoléon ne seraient rien sans ses reliques, qui défraient la chronique dès qu’elles apparaissent sur le marché. On se souvient des 74 302 € recueillis par la première chemise présentée par la maison de ventes, en 2002. Aujourd’hui, un autre modèle est proposé (voir photo). Il s’agirait de celle que devait porter le Petit Caporal pour passer ses troupes en revue après Waterloo, mais qui devint une prise de guerre à l’issue fatale de la bataille. D’autres textiles, provenant de Sainte-Hélène, susciteront l’émotion des «Napoléomanes», comme une bande de batiste tachée de son sang lors de son autopsie (10 000/15 000 €). Avec un mouchoir à son chiffre (4 000/5 000 €) et une mèche de ses cheveux (3 000/4 000 €), elle a été pieusement recueillie par le général de Montholon. Serrées dans un petit sac de soie blanche, ces reliques ont été remise au duc de Bassano au retour de Sainte-Hélène.
 

Dans ce traîneau en bois peint et doré, confortablement capitonné de velours vert, l’impératrice Joséphine a pu se prendre pour une déesse
Dans ce traîneau en bois peint et doré, confortablement capitonné de velours vert, l’impératrice Joséphine a pu se prendre pour une déesse, portée par deux griffons, guidée par Hébé personnifiant la jeunesse éternelle, et l’aigle impériale déployant ses ailes (l. m, l. 1,56 m, 40 000/60 000 €, M. Dey, expert). Appréciant les courses de traîneau remises à la mode sous le Consulat et l’Empire, l’impératrice s’en fait fabriquer plusieurs, qu’elle fait venir de Malmaison pour les utiliser dans le domaine de son château de Navarre, après son divorce avec Napoléon. Régulièrement exposée à partir des années 1890, cette pièce fastueuse est entrée dans plusieurs belles collections, celle de la dynastie de carrossiers Faurax, comme celle d’André Becker, dans son musée des Carrosses de Coignières.
En parant de joyaux les femmes de sa vie, Napoléon a mené une politique de paraître dans la lignée de son sacre, et contribué au rayonneme
En parant de joyaux les femmes de sa vie, Napoléon a mené une politique de paraître dans la lignée de son sacre, et contribué au rayonnement des arts somptuaires. Dans ce portrait de Jean-Baptiste Regnault (1754-1829), Joséphine rayonne sous le diadème de son sacre, composé de lauriers en diamants et d’émeraudes (60 48,5 cm, 82 72 cm avec son cadre d’époque Empire, 80 000/120 000 €). François Pascal Simon Gérard (1770-1837) a quant à lui immortalisé l’impératrice en buste dans son costume de sacre, dans un dessin à la pierre noire rehaussé de craie blanche, sans doute exécuté d’après nature à l’issue de la cérémonie pour préparer le tableau en pied conservé au château de Fontainebleau (27 19 cm, 40 000/50 000 €).
«Je souhaite reposer en terre de France, au milieu de ce peuple que j’ai tant aimé», avait demandé Napoléon Ier dans un codicille de son t
«Je souhaite reposer en terre de France, au milieu de ce peuple que j’ai tant aimé», avait demandé Napoléon Ier dans un codicille de son testament. Avant qu’il soit possible de se recueillir devant son tombeau des Invalides, comme l’a fait le tsar Nicolas II en 1896, dans un moment solennel immortalisé par Louis Béroud (1852-1930) l’année suivante (65 48,5 cm, 30 000/40 000 €), bien des péripéties ont eu lieu. Rapatriés en 1840 depuis la vallée du Géranium de Sainte-Hélène, les restes de l’Empereur, acclamés par des centaines de milliers de personnes assistant au passage du convoi funèbre, n’ont en effet trouvé leur dernière demeure sous le dôme qu’en 1861, après d’importants travaux d’aménagement menés par l’architecte Visconti.
Les références militaires n’excluent pas le raffinement. Ainsi, ce gobelet en cristal s’orne-t-il de représentations cavalières à la hussa
Les références militaires n’excluent pas le raffinement. Ainsi, ce gobelet en cristal s’orne-t-il de représentations cavalières à la hussarde dans un décor de paysages militaires, assorti de scènes mythologiques en ceinture. Il est également gravé au chiffre de Napoléon Ier dans un écusson feuillagé, surmonté de la devise viro immortali («homme immortel»), et présente les grandes armes impériales. Taillé vers 1810-1814, il est attribué au graveur Charpentier, le plus réputé de son temps pour son travail en mat sur mat, en creux et en poli. En s’associant avec Marie-Jeanne-Rosalie Charpentier, veuve Désarnaud, en 1814, il prit part à l’aventure de la célèbre enseigne
À l’escalier de cristal (h. 
9 cm, diam. cm, 18 000/20 000 €, M. Dey, expert).
Agenda

Dès 10 h 30, le mercredi 5, Napoléon sera célébré par des souvenirs historiques, dont les plus personnels seront présentés l’après-midi, à l’image de l’une de ses chemises (autour de 35 000 €) ou d’une chaîne de cheveux de l’Empereur, entrelacés de fils d’or (8 000/12 000 €). Emportée à Sainte-Hélène, une assiette à dessert du service « des Quartiers généraux », peinte d’une scène montrant le roi Frédéric II dans ses jardins du palais de Sans-Souci (150 000/200 000 €), rivalisera de raffinement avec une timbale ciselée par Biennais pour Marie-Louise (8 000/12 000 €). Chroniqueur des batailles de l’Empire par son pinceau, Louis François Lejeune a immortalisé dans un grand dessin L’Attaque du grand convoi ramenant les dames de la cour du roi Joseph en France par les guérilleros du général Mina dans le défilé de Salinas en Biscaye […] en 1812 (80 000/100 000 €).

Wednesday 05 May 2021 - 10:00 - Live
Fontainebleau - 9-11, rue Royale - 77300
Osenat
La Drouot Gazette offers you 4Articles.
You still have 3 article(s) left to read.
I subscribe