Masque Chontal

On 21 January 2021, by Claire Papon

Comme la figure debout de la culture pré-Teotihuacán figurant en couverture de la Gazette n° 2, ce masque chontal fait partie d’une collection française composée jusqu’à ces dernières années.

Mexique, Guerrero, culture Chontal, préclassique récent, 300-100 av. J.-C. Masque en pierre dure vert clair moucheté de noir et dépôt calcaire, 17,5 15,5 cm.
Estimation : 20 000/25 000 

Ce panorama des cultures Mezcala et Chontal réunit une soixantaine de masques et de statuettes en pierre aux lignes dynamiques faisant écho au cubisme. Que cachent-ils derrière leur apparence hiératique et leurs formes stylisées ? Aucun visage ne semble différent d’un autre, et pourtant chacun est incomparable. On sait qu’ils piquèrent la curiosité d’André Breton, Paul Éluard ou Tristan Tzara, que l’on peut les admirer au musée du quai Branly et qu’ils firent l’objet d’une exposition à celui de la Seita en 1992, «Figures de pierre». Moins nombreux que les figures apparues juste après la période olmèque (soit entre 300 et 100 av. J.-C.), les masques jouent un rôle important dans la sculpture du Guerrero, état montagneux traversé par la Sierra Madre del Sur. Certains sont travaillés en relief, d’autres, comme celui-ci, sont de forme plus aplatie et servent de pendentifs. On sait qu’ils datent du premier millénaire avant notre ère. Si les plus grands sont réalisés dans l’andésite, la serpentine ou la diorite, ceux de taille moins importante sont sculptés dans des pierres mouchetées vert-noir, dans des jadéites ou parfois de l’albâtre. Leur revers est plat, et des trous permettent de les suspendre. Malgré des similitudes entre eux – masques et figures ayant été découverts dans des sépultures et sous des habitations –, le style chontal est plus réaliste, le mezcala plus schématique. Mais tout aussi mystérieux…

Agenda
La première partie du voyage précolombien fait escale au Mexique, dans l'État du Guerrero, aux époques des cultures Chontal et Mezcala. Une petite soixantaine de masques et statuettes en pierre sont emmenées par une figure frontale debout pré-Teotihuacán, estimée 40 000/50 000 € (voir Gazette n° 2, page 6), une autre, de la culture Chontal, debout également, les mains sur le ventre (50 000/60 000 €), une autre enfin, de la culture pré-Teotihuacán, en pierre schisteuse vert clair veiné de blanc, à tête amovible (40 000/50 000 €). Les amateurs d'albâtre surveilleront un masque anthropomorphe de cette même culture, d'époque classique (450-650 apr. J.-C.), ceux d'objets aztèques, un porte-étendard d'époque post-classique (1325-1520 apr. J.-C.) en basalte gris figurant un jeune homme (30 000/40 000 €). 25 000/30 000 € permettront de se voir adjuger soit une statue de femme assise dans une position d'accouchement en céramique brun-beige de la culture Nayarit (style Chinesco), soit une Vénus callipyge debout en céramique à engobe rouge et beige de la culture Chupicaro (pré-Classique récent).
Friday 29 January 2021 - 04:00 - Live
Salle 4 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Binoche et Giquello
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