La marque de fabrique de Charles Topino

On 23 September 2020, by Caroline Legrand

Parmi les meubles-signatures de Charles Topinofigurent les petits bonheurs-du-jour Transition à la délicate marqueterie de vases, coupes, cartes et autres ustensiles de lettré.

Attribué à Charles Topino (vers 1742-1803) bonheur-du-jour d’époque Transition en placage de bois de rose et de bois précieux, à décor d’une marqueterie d’ustensiles. 110 73 44 cm.
Estimation : 25 000/35 000 

Tout le raffinement de l’ébéniste et sa pleine maîtrise de la marqueterie de bois précieux – ici, le bois de rose notamment – sont visibles sur ce meuble, dont un modèle similaire est reproduit (page 843) dans l’ouvrage de référence de Pierre Kjellberg, Le Mobilier français du XVIIIe siècle (Les éditions de l’amateur, 2002), et un autre garnit les collections du château de Champs-sur-Marne. L’ouvrage est en plein accord, par sa structure ou par son décor, avec le goût de l’époque Transition puis Louis XVIe pour les meubles légers et raffinés, parfaitement adaptés aux salons de plus en plus petits, mais aussi à une clientèle de plus en plus féminine. Des dizaines de types de meubles voient ainsi le jour au milieu du XVIII, comme la « table à la jésuite » imaginée par Topino lui-même vers 1773-1776… dont la fonction exacte nous est aujourd’hui inconnue. Le bonheur-du-jour, lui, apparaît vers 1765 sous le nom de « table à gradins » : il concurrence la table à écrire avec son plateau ovale ou rectangulaire et peut même remplacer le secrétaire en pente. Charles Topino (vers 1742-1803) connut une courte et prolifique carrière. Ce bonheur-du-jour remonterait ainsi à ses débuts, peu après l’ouverture de son atelier. Il n’accédera à la maîtrise qu’en 1773, mais il travaille déjà depuis quelques années, dans le faubourg Saint-Antoine avec son père, puis à partir d’avril 1770 dans sa propre boutique, et jusqu’à la faillite au moment de la Révolution française. Topino a collaboré avec de grands marchands, notamment Jean-Baptiste Tuart, Nicolas Héricourt, Pierre V Migeon et Léonard Boudin. La réputation de ses marqueteries était telle qu’il en fournissait aux merciers et aux ébénistes, qui les appliquaient ensuite sur leurs propres meubles. Son art de la réinterprétation des modèles chinois faisait florès, la mode de l’exotisme ayant envahi les salons de l’époque. Présentés sous forme de frises, ses décors  – fleurs, cartes, vases, tasses et encriers – évoquent les objets de lettré figurant sur les paravents en laque de Coromandel, importés en France au XVIIIe siècle. Si ce bonheur-du-jour présente encore une ceinture et un gradin aux bords chantournés, ainsi que des pieds galbés, Topino a poursuivi la production de ce type de meubles à l’époque Louis XVI avec des silhouettes plus rectilignes. Et toujours avec succès.

Sunday 27 September 2020 - 14:00 - Live
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