Sèvres 1822 : promenade normande

On 21 January 2021, by Claire Papon

Plus que sa provenance peut-être, c’est la qualité de cette paire de vases en porcelaine de Sèvres datée 1822, qui justifie son estimation. Ainsi que son séduisant décor de châteaux normands.

Manufacture de Sèvres, paire de vases Médicis en porcelaine à décor polychrome d’une vue du château de Tancarville sur l’un, du château de Dieppe sur l’autre, dans des réserves sur fond bleu, rosaces et rinceaux feuillagés en or, A. Poupart, 1822. h. 41,5 cm.
Estimation : 30 000/50 000 €

Présentée au public lors de l’Exposition des produits de l’industrie au Louvre en janvier 1823, notre paire est acquise 1 600 F par Louis XVIII, qui en fait cadeau à sa nièce, Marie-Caroline, duchesse de Berry, comme en attestent les registres de ventes à crédit conservés aux archives de la manufacture. Plus encore que ce pedigree, c’est la qualité et le décor de nos vases qui devraient attiser les convoitises. Une vue du château de Tancarville, sur l’un, et celle de celui de Dieppe, sur l’autre, prennent place dans des réserves sur fond bleu, parmi les rosaces et les rinceaux feuillagés en or, entre deux prises en forme de masque de satyre. Nés sous l’Empire à l’initiative d’Alexandre Brongniart, directeur de la manufacture de Sèvres, les motifs figurant les résidences impériales laissent la place sous la Restauration aux vues de châteaux, souvent normands. Volonté topographique ou historique de faire rayonner le patrimoine français… Perché en haut d’une falaise surplombant la Seine, le château de Tancarville a été bâti au XIe par la famille du même nom. Passé entre les mains de différentes familles, classé en 1862 au titre des monuments historiques, il est aujourd’hui un bien privé. Son voisin et contemporain dieppois assure la défense de la ville autant que la surveillance des côtes de la Manche. Prison durant la Révolution, il accueille aujourd’hui le musée municipal. L’auteur de nos peintures est Antoine Achille Poupart (1788-après 1835), peintre de paysages et d’architecture à Sèvres.

Agenda
La première heure revient à des intailles (200/400 €), la suite aux tableaux anciens. Une représentation de La Mort d'Adonis, accompagné de ses chiens de chasse sur sa toile d'origine par Ludovico Pozzoserrato, est attendue autour de 50 000/70 000 €. De chasse, ou plutôt de chasseur il est aussi question avec le portrait d'un homme, assis en compagnie de ses fidèles compagnons, œuvre de collaboration de Jean Daret et Nicasius Bernaerts, datée 1661 (60 000/80 000 €, voir Gazette n°1 pages 6 et 10). Il faudra batailler en revanche à hauteur de 500 000/70 000 € pour espérer repartir avec un panneau de Pieter II Bruegel, Le Repas des paysans au village (voir Gazette n° 38, page 8). Dans un tout autre style, on a relevé une Vue du bazar d'Alger de la fin XIXe par Addisson Thomas Millar (8 000/12 000 €), quelques œuvres orientalistes par Louis-Émile Pinel de Grandchamp (1831-1894). Un détour par l'Asie (dont un plateau carré en laque cinabre rouge sculpté de paysages animés d'époque Jiaginq, 6 000/8 000 €) et l'on revient vers les objets de décoration et le mobilier classique de l'époque Renaissance au XIXe. Une plaque cintrée en terre cuite émaillée à fond bleu de l'atelier de Benedetto Bugliani figurant une Vierge à l'Enfant (8 000/10 000 €) précède une paire de cassolettes début XIXe en porphyre rouge monté en bronze doré ciselé (même estimation), une commode en bois de placage de Carel (Louis XV, 4 000/6 000 €), une paire de vases en porcelaine de Sèvres, cadeau de Louis XVIII à sa nièce, la duchesse de Berry (30 000/50 000 €).
Friday 29 January 2021 - 02:00 - Live
Salle 1-7 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Oger - Blanchet , Mathias - Bournazel
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