Collection Gérard Hugon

On 05 February 2020, by Caroline Legrand

Ce collectionneur cultivait une passion pour les œuvres d’art du XVIIIe siècle, qu’elles soient françaises ou chinoises, à l’image de cette porcelaine de la Compagnie des Indes.

Chine, époque Qianlong (1736-1795). Terrine couverte en forme de hure de sanglier en porcelaine émaillée polychrome rouge de fer, grisaille et émaux roses, 30 21 cm.
Estimation : 20 000/30 000 

Décédé il y a quelques années, Gérard Hugon était issu d’une grande famille, de laquelle il avait hérité une belle collection de mobilier, objets d’art et tableaux. Mais cet homme cultivé, travaillant dans le milieu de la banque, a durant toute sa vie enrichi cet ensemble, garnissant peu à peu avec un goût sûr ses demeures du monde entier. C’est celle du midi de la France qui verra son mobilier dispersé à Avignon. On trouvera ainsi de nombreux meubles et objets d’art du XVIIe siècle, d’une commode demi-lune Louis XVI en acajou estampillée Claude Charles Saunier, annoncée à 4 500/6 000 €, à un régulateur de parquet Louis XV en bois de placage marqueté en croisillon et aux bronzes dorés à motifs de rocailles, anges, masques, coquilles et rinceaux, attendu à 5 000/8 000 €. Ce goût pour les objets classiques de qualité s’exprime encore dans une grande Nature morte aux cuivres et au chat du peintre baroque romain Giovanni Domenico Valentino (10 000/12 000 €). La touche de variété est apportée par une toile contemporaine du peintre suédois Bengt Lindström, Esprit de la forêt, prisée 10 000/15 000 €, mais aussi par cette porcelaine chinoise de la Compagnie des Indes, réalisée au XVIIIe siècle pour l’exportation. Une pièce rarissime, signale l’experte Alice Jossaume, qui n’en a «pas vu sur le marché depuis une dizaine d’années». Il faut dire que ces terrines sont des pièces très fragiles. Son style naturaliste est à saluer, tout comme les techniques très complexes employées, comme les émaux roses inventés vers 1730 grâce au pourpre de Cassius, alors importé d’Europe, et la grisaille, qui permet de figurer avec maestria les poils de l’animal. Très en vogue en Europe au XVIIIe, ces pièces faisaient l’objet de nombreuses commandes, que ce soit auprès de manufactures européennes ou chinoises. Ainsi, dans The Copeland Collection de W.R. Sargent est mentionnée une commande passée à la Compagnie des Indes orientales, en 1763, de vingt-cinq terrines en forme de hure de sanglier !

Saturday 08 February 2020 - 10:00, 14:15
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