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Youla Chapoval chez Antoine Laurentin, Le Minotaure et Alain Le Gaillard

Publié le , par Stéphanie Pioda

« C’est le premier artiste que j’ai acheté, il est mort trop tôt. » Ainsi Georges Pompidou commentait-il la disparition de l’artiste en 1951, à seulement 32 ans, alors que les portes du succès s’ouvraient à lui. Lauréat du prix de la Jeune Création en 1947 et du prix Kandinsky en 1949, Youla Chapoval (1919-1951) expose...

Youla Chapoval chez Antoine Laurentin, Le Minotaure et Alain Le Gaillard
Youla Chapoval (1919-1951), Sans titre (Nature morte au livre), 1947, huile sur toile signée et datée en bas à droite, 65 81 cm.
Courtesy Galerie Laurentin, Paris

« C’est le premier artiste que j’ai acheté, il est mort trop tôt. » Ainsi Georges Pompidou commentait-il la disparition de l’artiste en 1951, à seulement 32 ans, alors que les portes du succès s’ouvraient à lui. Lauréat du prix de la Jeune Création en 1947 et du prix Kandinsky en 1949, Youla Chapoval (1919-1951) expose notamment chez Jeanne Bucher, Denise René et Aimé Maeght. Mais a été quelque peu oublié jusqu’à ce qu’Antoine Laurentin le remette à l’honneur à la Biennale des antiquaires en 2008. Sa dernière grande exposition datait de 1991, au musée d’art moderne de Villeneuve-d’Ascq : une grande amitié était née entre l’artiste et Roger Dutilleul, en 1947, à l’origine de la création du LaM. Aujourd’hui, avec la galerie Le Minotaure et Alain Le Gaillard, ils sont trois à créer l’événement avec une triple exposition dédiée à ce peintre de la deuxième école de Paris, « qui a produit une œuvre particulière par rapport à sa génération », observe Antoine Laurentin. Né à Kiev en 1919, il débarque à Paris avec sa famille en 1924 – il y fréquente l’académie de la Grande Chaumière – et nourrira des amitiés avec Jean Cocteau, Jean Degottex ou Maurice Sachs. « À travers une sélection d’huiles, d’œuvres sur papier et de lithographies, l’exposition illustre […] ce passage remarquablement rapide d’un style figuratif académique à une abstraction lyrique et « humaniste », via un cubisme librement interprété », écrit Léa Bourdon dans le catalogue. Près d’une soixantaine d’œuvres – en sachant que le catalogue raisonné compte cent cinquante peintures – en un parcours germanopratin révèlent une peinture parfois un peu sombre, où la phase cubiste apparaît comme une transition nécessaire pour aborder une abstraction prometteuse, libérant les coups de pinceaux dans Ressac de 1951. Georges Pompidou avait raison, il est mort trop tôt.

Galerie Antoine Laurentin,
23, quai Voltaire, Paris 
VIIe, tél. : 01 42 97 43 42.
www.galerie-laurentin.com 


Galerie Le Minotaure,
2, rue des Beaux-Arts, Paris 
VIe, tél. : 01 43 54 62 93.
www.galerieleminotaure.net

Galerie Alain Le Gaillard,
19, rue Mazarine, Paris VI
e, tél. : 01 43 26 25 35.
Jusqu’au 31 octobre 2020.
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