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Wolf Vostell, inventeur de l’art vidéo

Le 14 mars 2019, par Caroline Legrand

Cette technique mixte rappelle que Wolf Vostell fut un pionnier de l’art vidéo, mais aussi de l’installation. Pleinement ancré dans les avant-gardes de l’après-guerre, l’artiste allemand, cofondateur du mouvement Fluxus, fut le premier à intégrer un poste de télévision dans l’une de ses œuvres, en 1958 Chambre noire, aujourd’hui…

Wolf Vostell,  inventeur de l’art vidéo
Wolf Vostell (1932-1998), Requiem, 1990, peinture, matière, inclusion sur report photographique,
télévision, brique, relief métallique sous caisson, signé et daté, 100 
138 38 cm.
Estimation : 3 000/5 000 

Cette technique mixte rappelle que Wolf Vostell fut un pionnier de l’art vidéo, mais aussi de l’installation. Pleinement ancré dans les avant-gardes de l’après-guerre, l’artiste allemand, cofondateur du mouvement Fluxus, fut le premier à intégrer un poste de télévision dans l’une de ses œuvres, en 1958 Chambre noire, aujourd’hui conservée à la Berlinische Galerie. Si l’appareil n’est alors utilisé que comme élément de la composition, il va bientôt reprendre sa fonction de boîte à images. La même année, l’artiste effectue un happening à Paris. Précurseur dans de nombreux domaines donc, l’artiste de confession juive, l’est encore en étant le premier à faire référence au IIIe Reich dans ses installations, évoquant notamment les camps d’extermination d’Auschwitz et de Treblinka. Les deux œuvres de 1990 présentées lors de cette vente lilloise, intitulées toutes deux Requiem et estimées chacune à 3 000/5 000 €, traitent à nouveau de ce thème, avec un fond photographique  montrant des corps entassés ou des hommes et des femmes forcés de quitter leur ville  sur lequel Vostell ajoute de la peinture ou du métal avec violence, tandis qu’une télévision au centre pointe son écran accusateur vers le spectateur. Pour lui, l’artiste doit à la fois provoquer et alerter. Son travail a fait l’objet d’une exposition au musée d’art contemporain du Carré d’art, à Nîmes, en 2008. On y rappelait le rôle qu’il a joué dans l’invention de l’art vidéo, aux côtés de son ami Nam June Paik, mais aussi ses premières œuvres des années 1960, inspirées de la une du Figaro du 6 septembre 1954 consacrée au crash d’un avion à l’envol. De celles-ci, il tirera le concept du «dé-coll/age», en détournant les images d’actualités. La guerre froide, la guerre du Vietnam ou la montée du pouvoir de la presse compteront parmi ses thèmes favoris, traités par des dispositifs aux matériaux variés afin d’interpeller le spectateur en sollicitant ses différents sens. La vue, l’ouïe mais aussi le toucher sont sollicités dans ces œuvres qui ne peuvent laisser indifférent. 

arts décoratifs du XXe, tableaux, mobilier et objets d'art
samedi 16 mars 2019 - 14:30 (CET)
14, rue des Jardins - 59000 Lille
Mercier & Cie
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