Wisigoths. Rois de Toulouse

Le 27 octobre 2020, par Philippe Dufour
Sceau d’Alaric II, saphir et or, h. 2,06, l. 1,67 cm, poids 19 g, Ve (saphir) et XVIe siècle (monture).
Kunsthistorisches Museum, Vienne

Longtemps occultée par un récit national glorifiant Clovis et ses Francs, l’histoire du royaume wisigoth de Toulouse (419-507) est enfin remise en lumière grâce à cette exposition, la première consacrée au sujet. Plus de 250 pièces s’y côtoient, certaines prêtées par de grands musées étrangers, d’autres étant le fruit inédit de la recherche archéologique en Occitanie. L’ensemble y dessine la lente migration de ce peuple germain oriental, originaire des rives de la Baltique. Grâce à une muséographie respectueuse de la chronologie, on suit ses pérégrinations depuis le nord de la Pologne au Ier siècle – avec les objets de la culture de Wielbark – jusqu’à son installation en Gaule du Sud vers 418. Une longue période durant laquelle les populations wisigothes ont progressé de plus en plus loin dans l’Empire romain, avant de piller Rome en 410… Pour fixer ces hôtes imprévisibles, tantôt alliés, tantôt ennemis, l’empereur Honorius offre une partie du Sud-Ouest à leur roi Wallia. À Toulouse, devenue capitale, s’épanouira une dynastie puissante, à l’origine d’un vaste ensemble palatial relié à l’église paléochrétienne de la Daurade : deux édifices clés disparus et évoqués par de précieux vestiges architecturaux. Cependant, c’est la fouille récente de nécropoles qui a livré le plus de témoignages en mettant au jour notamment des parures orfévrées, un art où excellent les Germains orientaux, comme l’atteste la bague en or aux têtes d’aigle découverte à Seysses. Le royaume wisigoth toulousain, s’étendant de la Loire à Gibraltar, devait prendre fin avec la mort du roi Alaric II, tué par les Francs à la bataille de Vouillé. Demeure son «sceau», aujourd’hui au Kunsthistorisches Museum de Vienne : cet exceptionnel saphir, gravé de son portrait à la romaine, permet de mesurer le degré de raffinement atteint par ces prétendus barbares, par la suite tant méprisés.

Musée Saint-Raymond,
1, place 
Saint-Sernin, Toulouse (31), tél. : 05 61 22 31 44.
Jusqu’au 27 décembre 2020.
www.saintraymond.toulouse.fr
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