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Weisweiler, Arentz et Isabey en trio

Publié le , par Christophe Provot

Adam Weisweiler, Arent Arentz et Jean-Baptiste Isabey étaient les noms à retenir de cette vacation classique, qui offrait quelques beaux résultats.

Arent Arentz, dit Arent Cabel (vers 1585-vers 1635), Couple de pêcheurs préparant... Weisweiler, Arentz et Isabey en trio
Arent Arentz, dit Arent Cabel (vers 1585-vers 1635), Couple de pêcheurs préparant leur filet, panneau de chêne, 36 63,7 cm.
Adjugé : 52 000 

À l’égal de ceux de Jean-Henri Riesener ou de Martin Carlin, le nom d’Adam Weisweiler (1744-1820), ébéniste d’origine allemande, reste inextricablement rattaché au règne de Louis XVI. D’une parfaite qualité d’exécution, ses meubles se distinguent pour la plupart d’entre eux par le peu d’usage de la marqueterie, ce qui induit une sobriété certaine. Un secrétaire en cabinet (136 97 44, 5 cm) en acajou et placage d’acajou souligné de bronzes ciselés et dorés (voir l'article Un secrétaire estampillé Adam Weisweiler ! de la Gazette n° 20, page 45), doublement estampillé du maître rhénan, s’inscrit parfaitement dans cette mouvance. Dès lors, rien d’étonnant à ce qu’il ait emporté 65 000 €. Un meuble similaire, quoique plus petit, se trouvait en 1789 dans les appartements de la duchesse de Polignac, à Versailles. Le Hollandais Arent Arentz, dit Arent Cabel (vers 1585-vers 1653), aimait lui aussi employer le bois, mais comme support pictural. Ce délicat et lumineux panneau de chêne, figurant un Couple de pêcheurs préparant leur filet, sut séduire jusqu’à 52 000 €. Petit-fils de Pieter Aertsen, dit Lange Pier (1508-1575), Arentz se pose comme l’initiateur du paysage national hollandais du XVIIe siècle, ses œuvres présentant immanquablement un premier plan animé de paysans, contemplatifs ou en pleine activité. Possédant déjà un projet de secrétaire orné des portraits de la famille impériale, par Jean-Baptiste Isabey (1767-1855) et Alexandre-Théodore Brongniart (1739-1813), le musée national de la Céramique à Sèvres ne pouvait passer à côté de celui destiné à leur table, objet du Coup de cœur de la Gazette n° 18 (voir l'article Un tableau de porcelaine dessiné par Jean-Baptiste Isabey de la Gazette n° 18, page 23). Aussi l’institution fit-elle valoir ses droits, moyennant 39 000 €, pour cette aquarelle gouachée, plume et encre noire (diam. 35,5 cm) de la main du même Isabey. D’une grande minutie, ce dessin devait être reproduit sur le plateau de porcelaine d’un guéridon, mobilier d’apparat par excellence sous l’Empire, destiné à l’Empereur, mais qui ne fut jamais terminé, les aléas de l’histoire en décidant autrement.

mardi 24 mai 2022 - 14:00 (CEST) - Live
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