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Vuillard, la peinture décorative

Le 21 mars 2019, par Claire Papon et Anne Foster

Héritage nabi, l’élément décoratif n’est pas oublié par les membres du groupe après leur dernière exposition commune, à la galerie Durand-Ruel en 1899. Il est intégré dans les tableaux de chevalet, notamment par Vuillard. Dans les années 1900, l’artiste peint les appartements de ses riches commanditaires, certains étant…

Vuillard, la peinture décorative
Édouard Vuillard (1868-1940), Anémones, 1907, peinture à la colle sur carton, contrecollé sur panneau parqueté, 55,9 57,2 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

Héritage nabi, l’élément décoratif n’est pas oublié par les membres du groupe après leur dernière exposition commune, à la galerie Durand-Ruel en 1899. Il est intégré dans les tableaux de chevalet, notamment par Vuillard. Dans les années 1900, l’artiste peint les appartements de ses riches commanditaires, certains étant devenus de véritables amis. Les compositions retrouvent de la profondeur et les harmonies de couleur sont plus réalistes, comme on peut le constater dans cette œuvre datée 1907. Se détachant des masses blanches lumineuses, de délicates anémones aux teintes subtiles ouvrent leurs corolles dans un pichet rustique posé sur un meuble. À l’instar de poupées russes, sont alignés des vases et une statuette de baigneuse. Vivement brossée, cette peinture est peut-être une étude pour un tableau non identifié. Vuillard renoue ainsi avec son goût pour les natures mortes et les scènes d’intérieur, qu’il admirait au début de sa carrière de peintre ; sa palette se composait de subtiles gammes de nuances colorées, la composition s’équilibrant grâce aux gradations entre les clairs et les obscurs. Il s’en souviendra dans les premières décennies du XXe siècle, lorsque proche de son marchand Jos Hessel et son épouse Lucy, muse et amante, il rapporte de ses séjours dans leur propriété normande des paysages et des scènes d’intérieur, dans lesquelles il travaille la lumière, le chatoiement des coloris sur la trame qui gagne en volume. Après la guerre, réputé comme portraitiste, il ose cette formule : «Je ne fais pas de portraits, je peins des gens chez eux.» Les personnages sont à ses yeux aussi importants que les objets. Sous divers styles, la peinture décorative a toujours été son ambition.

Succession de Madame X - Collection d'un amateur : dessins et tableaux 1850-1950 Orfèvrerie XVIIIe et XIXe siècles , objets de vitrine
mercredi 27 mars 2019 - 14:00 (CET) - Live
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