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Vita Nuova. Nouveaux enjeux de l’art en Italie, 1960-1975

Publié le , par Ezra Nahmad

Une bonne moitié de la soixantaine d’artistes italiens montrés dans Vita Nuova ne sont pas connus du public français, voire international. Lucia Marcucci, Fabio Mauri, Laura Grisi, Ketty La Rocca et Lisetta Carmi ont rarement ou jamais été montrés dans l’Hexagone, parce qu’ils n’appartenaient pas au panthéon de l’arte povera,...

Lucia Marcucci, I segreti del linguaggio, 1970, collage sur carton, 50 x 35 cm. ©... Vita Nuova. Nouveaux enjeux de l’art en Italie, 1960-1975
Lucia Marcucci, I segreti del linguaggio, 1970, collage sur carton, 50 35 cm.
© Courtesy Frittelli arte contemporanea, Florence Photo : Paolo Mariani - Adagp, Paris 2022

Une bonne moitié de la soixantaine d’artistes italiens montrés dans Vita Nuova ne sont pas connus du public français, voire international. Lucia Marcucci, Fabio Mauri, Laura Grisi, Ketty La Rocca et Lisetta Carmi ont rarement ou jamais été montrés dans l’Hexagone, parce qu’ils n’appartenaient pas au panthéon de l’arte povera, ou parce qu’il s’agissait de femmes. À partir de ce double ressort – aller au-delà de l’arte povera et faire connaître les femmes éclipsées –, Valérie Da Costa conçoit un panorama qui va de 1960 à 1975. L’Italie connaît alors un grand essor industriel et économique, mais qui donne lieu à des luttes sociales exacerbées avec des dérives terroristes de droite et de gauche. Une belle métaphore de cette époque se trouve dans le 16 mm couleur de Marinella Pirelli, où l’on voit des pétales de fleurs brûlés un à un, par l’extrémité incandescente d’une cigarette. Vita Nuova distille une ardeur candide et sensuelle, mais aussi une amertume empoisonnée, parce qu’elle capte avec justesse l’air du temps, et qu’elle s’engage sur un terrain miné : l’art moderne italien est riche en récits et en situations. Son histoire, largement éclatée, attend toujours d’être écrite avec un point de vue organique et vivant. En Italie, dans ces années-là, l’articulation du culturel, du social et du politique est restée puissante, mais dans les arts plastiques, elle est plus opaque et problématique. Les récits dominants de Germano Celant ou Bonito Oliva ont fait leur temps et Vita Nuova comptera parmi les tentatives courageuses d’amorcer un nouveau cours. Pourtant, dans le paysage proposé ici, Merz, Pistoletto, Paolini, Boetti ou Kounellis reviennent étrangement et on dirait qu’Irma Blank, Paolo Icaro, Cesare Tacchi et les autres n’arrivent toujours pas à déboulonner les grands commandeurs.

Musée d’art moderne et d’art contemporain,
place Yves-Klein, Nice (06),

Jusqu’au 2 octobre 2022.
www.mamac-nice.org
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