Villa Médicis : I Peccati - Johan Creten

Le 09 mars 2021, par Virginie Chuimer-Layen
Johan Creten (né en 1963), La Perle noire - Sète VI, 2018, 37 41 20 cm,
Courtesy Johan Creten. © Gerrit Schreurs & Johan Creten Studio © Adagp, 2021

À la villa Médicis, les péchés – «I Peccati» – de l’artiste belge Johan Creten nous embarquent dans une exposition truffée de références aux mythes antiques, à la politique ou à la culture populaire. Plus qu’une présentation de «vices» capitaux incarnés dans la matière, l’ancien pensionnaire, qui souffle un ton neuf sur la céramique, propose une double lecture de ses œuvres, à la lumière de l’architecture du lieu et de gravures, tapisserie, sculptures anciennes de sa collection personnelle. Dans onze salles, dont la citerne rarement ouverte au public, cinquante-cinq pièces des années 1980 à nos jours composent une sorte de rétrospective, sous la houlette de la commissaire Noëlle Tissier. À l’entrée, son film En quarantaine, réalisé lors du premier confinement, en contextualise et éclaire certaines, sans en livrer toutefois les clés. En effet, son corpus est océanique, sensuel voire sexuel, comme sa petite sculpture Vulva, ses «Odore di Femmina» – bustes-rochers comme greffés de coquillages – ou encore The Herring, sculpture monumentale en résine bleutée d’une Vénus-ogresse au poisson. Sa teneur peut aussi être géopolitique et sociale avec la série «Wargame tondo», invoquant «les mouvements de population, le Covid-19 ou encore les conflits», en écho ici aux «Grandes misères de la guerre» de Jacques Callot. En haut de l’escalier de la quatrième salle, comme dans une alcôve, Narcissus Saved, sculpture en grès émaillé à l’incroyable technique, dialogue avec une tapisserie flamande du XVIe siècle. Partout, y compris dans les jardins, où son imposante chauve-souris de bronze s’est posée, Creten joue avec les perspectives et l’espace. Pendant à «Entracte», son exposition parisienne à la galerie Perrotin, la manifestation romaine, qui interroge la vie et la mort dans tous leurs interstices, est introspective et complexe. Comme un rébus à déchiffrer avec gourmandise.

Villa Médicis,
1, viale Trinità dei Monti, Rome, tél. 
: +39 (0)6 67311.
Jusqu’au 23 mai 2021.
www.villamedici.it
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