Vénus, de Milos à Paris

Le 04 juin 2020, par Agathe Albi-Gervy

De ce parangon de l’art grec, combien des millions qui se pressent au musée du Louvre connaissent l’histoire ? Un véritable roman ! 

 

Elle est admirée chaque année par des millions de touristes qui se pressent au musée du Louvre. Mais de ce parangon de l’art grec, combien connaissent l’histoire ? Découverte il y a précisément deux cents ans dans une chambre souterraine de Milos, par un pâtre grec qui fit monter les enchères entre Français et Ottomans, face à des flottilles d’Anglais, de Prussiens et de Hollandais stationnés au large de l’île pour tenter leur chance, l’avenir de la Vénus s’est joué au plus haut niveau de la diplomatie internationale. Le récit de ce parcours, digne d’un roman d’aventures, réhabilite les véritables protagonistes de cette excavation, qui ne se résument pas au seul nom de Jules Dumont d’Urville. C’est notamment pour rendre hommage à celui qui aurait pu/dû remporter ce trésor, son aïeul Nicolas Mourousy (1789-1821), grand drogman de l’Arsenal sous Mahmud II, que l’auteur a entrepris ce projet. « La Vénus est un symbole. C’est un trésor de l’humanité. Si tu fais ce livre, n’oublie pas qu’elle aurait pu nous appartenir mais qu’elle a finalement trouvé, au Louvre, un écrin à sa mesure », lui écrit l’un de ses oncles. Né en 1942 à Lyon, Constantin Pavlovitch Mourousy est l’héritier d’une illustre famille de hauts dignitaires grecs au service des empires byzantin, ottoman et russe. S’appuyant sur les témoignages de ses aïeuls et ses recherches personnelles, il livre ce qui s’apparente à une véritable épopée. Décrivant dans un style fluide et dynamique la vie en Grèce et l’organisation politique de l’empire ottoman à l’aube de la guerre d’indépendance, ainsi que la construction de son totalitarisme et ses relations avec les Phanariotes – hauts fonctionnaires grecs byzantins dont les Mourousy faisaient partie –, l’auteur explique tout aussi clairement la situation diplomatique de l’époque et la naissance du philhellénisme en France, donnant ainsi au lecteur toutes les clés nécessaires à l’appréhension des enjeux de cette découverte.

Constantin Mourousy, L’Énigme de la Vénus de Milo, éditions de l’Archipel, préface de Jean-Luc Martinez, 224 pages, 18 €.
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