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Variation sur Lénine

Le 14 mars 2019, par Claire Papon

Qui aurait pu affirmer dans les années de l’après Première Guerre mondiale, que le grand héros de la révolution d’Octobre, Vladimir Ilitch Oulianov (1870-1924), dit Lénine, serait une source d’inspiration pour les artistes de la société de consommation, Andy Warhol en tête, et des nouveaux réalistes César et Arman ? C’est…

Variation sur Lénine
Armand Fernandez, dit Arman (1928-2005), Display, 1997, épreuve en bronze patiné et boîte en acier rouillé, numérotée 1/4, fonte Bocquel, 200 x 100 71 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

Qui aurait pu affirmer dans les années de l’après Première Guerre mondiale, que le grand héros de la révolution d’Octobre, Vladimir Ilitch Oulianov (1870-1924), dit Lénine, serait une source d’inspiration pour les artistes de la société de consommation, Andy Warhol en tête, et des nouveaux réalistes César et Arman ? C’est pourtant sa figure hiératique qui a inspiré à ce dernier une suite d’œuvres, exposées en mars 1998 à la galerie Trigano, sous le titre «Variations sur un Lénine». Il s’empare du visage du despote et le fend, telle une ouverture inventée par un Magritte : ensuite, il prend comme modèle les innombrables statues du fondateur de la Russie communiste qu’il triture, découpe et propose en pièces détachées. Celui qui sera vendu prochainement à Drouot a assez bien résisté à la furie destructrice du sculpteur-plasticien. «Les différents éléments d’une même sculpture sont disposés dans des casiers séparés. Après avoir été tronçonné, le corps visuel est redistribué dans une discontinuité», explique la notice du catalogue de la vente. Tita Reut écrit dans le catalogue de l’exposition Trigano : «Il se souvient des artistes naïfs des anciennes avant-gardes, qui ont cru qu’après avoir libéré la société, la révolution léniniste allait libérer l’art.» Cette page de l’histoire artistique de l’URSS sera traitée au début de «Rouge. Art et Utopie au pays des Soviets», qui débute le 20 mars au Grand Palais. Une autre interprétation de la sculpture est ici fournie par une œuvre de l’Américain George Segal. Sa famille a fui la Pologne pour s’installer aux États-Unis, dans le Bronx, où son père ouvre une boucherie, puis dans le New Jersey où il élève des volailles. Le jeune artiste s’intéresse aux banalités du quotidien, et rejoint les artistes du pop art. Le plâtre l’attire d’abord par son prix modique. En 1960, un étudiant lui donne des bandes plâtrées : ce fut un déclic pour l’artiste qui sut immédiatement quoi en faire. Il abandonne alors définitivement la peinture. Son premier modèle fut sa femme Helen, qu’il banda de la tête aux pieds. Il mit deux ans à maîtriser et perfectionner cette nouvelle technique. Attendue autour de 70 000 €, sa Blue Girl in Black Doorway de 1979, en plâtre et bois peints, affrontera le Lénine d’Arman.

Art moderne et contemporain, sculptures, bronzes, design
mercredi 20 mars 2019 - 14:00 (CET) - Live
Salle 10-16 - Hôtel Drouot - 75009
Kohn Marc-Arthur
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