Van Gogh and Britain

Le 16 avril 2019, par Marie-Laure Castelnau
Vincent Van Gogh (1853-1890), Les Oliviers, 1889, 51 65,2 cm.
National Galleries of Scotland

«I love London !», écrit Van Gogh à son frère Théo, après quelques mois passés dans la capitale. La vie du peintre hollandais à Paris, Arles ou Auvers-sur-Oise est bien connue, et a même inspiré plusieurs films. Mais ses années londoniennes sont, elles, ignorées du grand public. Pourtant, ce séjour a joué un rôle majeur dans sa vie et son œuvre. Van Gogh a 20 ans lorsqu’il arrive à Londres, en mai 1873. Il travaille pendant deux ans à Covent Garden, chez les marchands d’art Goupil Cie. Dès qu’il le peut, il s’immerge dans la culture britannique, visite les musées, découvre Constable ou Millais et dévore les textes de Shakespeare ou de Charles Dickens, qu’il admire tout particulièrement. La modernité de la ville le séduit, mais il est surtout bouleversé par la misère des quartiers ouvriers. Pour la première fois, la Tate se penche sur cette période anglaise. Le visiteur est accueilli par le portrait de L’Arlésienne, avec, posés devant elle, deux livres que le Néerlandais adorait : Les Contes de Noël de Dickens et La Case de l’oncle Tom, de Harriet Beecher Stowe. Une quarantaine d’œuvres issues de collections publiques ou privées du monde entier racontent comment ces trois années ont influencé le futur artiste, comme cette surprenante Ronde des prisonniers entre les murs de Newgate (1890, musée Pouchkine de Moscou), inspirée d’une gravure de Gustave Doré. L’exposition met aussi en lumière le rôle du peintre maudit auprès des artistes anglais des générations suivantes. Beaucoup d’entre eux ont marché sur ses traces, de Walter Sickert à Francis Bacon, qui clôture le parcours avec une série de figures inspirées de photographies d’un autoportrait de Van Gogh, détruit lors de la Seconde Guerre mondiale.

Tate Britain,
Millbank, Westminster, Londres, tél. 
: +44(0)20 7887 8008.
Jusqu’au 11 août 2019.
www.tate.org.uk
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