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Une Vierge européenne vers 1500

Publié le , par Claire Papon et Sophie Reyssat
Vente le 29 novembre 2022 - 14:00 (CET) - Salle 4 - Hôtel Drouot - 75009

Promise à une belle bataille d’enchères, cette Vierge à l’Enfant témoigne des relations artistiques qui lièrent la région du Brabant à la Castille sous le règne des rois catholiques.

Maître anonyme hispano-malinois, entourage de Gil de Siloé, Vierge à l’Enfant, sculpture... Une Vierge européenne vers 1500
Maître anonyme hispano-malinois, entourage de Gil de Siloé, Vierge à l’Enfant, sculpture en bois polychrome et doré, vers 1500, 69 30 24 cm.
Estimation : 80 000/120 000 

Notre groupe a-t-il été sculpté en Flandres, puis transporté en Espagne pour y être peint, doré et inséré dans un autel, ou bien exécuté en Castille par un artiste ayant quitté les Pays-Bas méridionaux pour l’autre côté des Pyrénées ? Bien malin qui pourrait le dire, tant il associe des canons typiquement malinois à des éléments techniques et stylistiques de l’école castillane du gothique tardif. Des premiers, on reconnaît l’expression douce et le visage juvénile de Marie, assise sur un banc-trône assez modeste, la représentation de l’Enfant Jésus vêtu d’une longue chemise ouverte sur le devant, feuilletant un livre avec toute l’innocence et la joie propres à l’enfance. De l’école castillane, on retient la polychromie et la technique a estofado – application de feuilles d’or recouvertes de peinture, puis grattées afin de faire apparaître le métal précieux. De nombreuses œuvres d’art de différentes typologies – retables, tapisseries, sculptures – témoignent des contacts et des échanges entre les Pays-Bas méridionaux et les villes de Burgos, Tolède, Valladolid ou Rioja, au XVe siècle. L’une des initiatrices de cette influence est une peinture de Roger Van der Weyden (1399 ou 1400-1464), appelée Madone Duran – du nom de son propriétaire, Pedro Fernández Durán, qui, en 1930, en fera don au musée du Prado. Également nommée La Madone en rouge, elle montre la Vierge, assise et calme, tenant Jésus sur ses genoux, vêtu d’une longue chemise blanche et feuilletant un livre ou un manuscrit. Connue du vivant de l’artiste, cette œuvre est reprise en Espagne par des peintres et des sculpteurs. Répété également, le détail iconographique de l’Enfant, dont le vêtement laisse apparaître les parties génitales. Une façon de mettre en valeur l’humanité du fils de Dieu, apparenté aux fils des hommes, de rendre plus accessible la figure divine. Tandis que sa mère, dans une position encore hiératique, semble perdue dans ses pensées prémonitoires de la Passion, l’Enfant, nu et souriant, feuillette le livre de sa destinée. Quelle fortune attend ce groupe aux racines flamandes, issu d’une collection espagnole, vendu à Paris et qui pourrait susciter la convoitise d’un amateur anglo-saxon peut-être ? Réponse dans quelques jours.

mardi 29 novembre 2022 - 14:00 (CET) - Live
Salle 4 - Hôtel Drouot - 75009
Daguerre
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