Une montre mythique dans la course

Le 24 mars 2017, par Philippe Dufour

Une version très recherchée de la Cosmograph Daytona Paul Newman de Rolex sera la vedette d’une vente nantaise, grâce à ses boîtier et bracelet en or. Un bel écrin pour une technologie de pointe.

Rolex, Cosmograph Daytona Paul Newman, Ref. 6241, N° 1947398, vers 1968, chronographe boîtier en or jaune 18 ct (750), cadran, boîtier et mouvement signé, diam. 37 mm.
Estimation : 100 000/150 000 €

Les liens privilégiés de la maison Rolex avec le cercle très fermé des champions automobiles ne datent pas d’hier : en septembre 1935, sir Malcolm Campbell établit à Bonneville Salt Flats, dans l’Utah, un record à plus de 485 km/h, en arborant la célèbre Oyster, qui verra dès lors ses ventes s’envoler. Vingt-huit ans plus tard, l’horloger suisse décide de renouer avec les sports mécaniques, en créant un chronographe répondant aux exigences des pilotes professionnels, désireux de mesurer leur vitesse. C’est ainsi que la Cosmograph Daytona Paul Newman voit le jour, destinée à devenir l’une des montres vintage les plus recherchées au monde. Pourtant, en 1963, cet accessoire précieux ne porte pas encore le nom du légendaire circuit américain, ni celui de l’acteur hollywoodien aux yeux bleu azur, mais celui d’une autre ville, bien européenne celle-ci : Le Mans… Stratégie marketing ou volonté de séduire une clientèle américaine, l’année suivante, Rolex rectifie le tir en rebaptisant la montre «Daytona», du nom de la célèbre station de Floride où se déroulent de folles compétitions. Quant à Paul Newman, la célèbre marque «à la couronne» ne va croiser sa trajectoire qu’en 1968, lors du tournage du film Virages par le réalisateur James Goldstone : il y joue le rôle d’un coureur des 500 miles d’Indianopolis, au poignet duquel on devine à plusieurs reprises la fameuse montre. Double découverte pour l’acteur, qui tombe à la fois amoureux de la course automobile qu’il ne cessera de pratiquer, jusqu’à son décès en 2008  et de la Cosmograph, dont il possédera jusqu’à cinq exemplaires.
 

  
  

L’alliance de la technologie et du luxe
Issu de cette série mythique, notre chronographe de référence 6241 se présente dans la version or, éditée principalement entre 1966 et 1969 ; deux possibilités s’offraient alors à l’acquéreur, suivant qu’il était américain ou français : de l’or 14 ct pour le premier, 18 ct pour le second. Ce qui est le cas de cet exemplaire destiné au marché hexagonal et présentant d’ailleurs les poinçons de la garantie française pour l’importation, avec le double hibou. Quant à son élégant cadran à fond noir, il est l’un des deux existants, l’autre, dit aussi «exotique», étant de couleur champagne. Dans tous les cas, une fort belle enveloppe pour des performances techniques, toujours recherchées par les connaisseurs. À commencer par un mouvement qui bat 21 600 alternances par heure, lui assurant une fiabilité à toute épreuve. Et sans oublier la lunette à échelle tachymétrique, qui permet aux pilotes de mesurer avec précision leur vitesse moyenne jusqu’à 400 kilomètres (ou miles à l’heure, selon leur préférence). Les trois petits compteurs, eux, affichent, 30 minutes à 3 h les minutes, 12 heures à 6 h et à 9 h, la trotteuse permanente. Conservé et parfaitement entretenu par le même propriétaire depuis son achat, le précieux accessoire est monté sur un bracelet à mailles or d’origine, lui aussi peu courant. À titre de comparaison, on rappellera que les modèles avec boîtier (et bracelet) en acier se rencontrent plus souvent en salles de ventes. Ce qui ne les empêchent pas d’enregistrer de beaux scores, à l’image d’une Cosmograph Daytona de 1964, à fond champagne, qui atteignait 153 012 € à Drouot, chez Aguttes OVV, en avril 2014. Gageons que notre modèle en or fera à son tour l’événement. 

mercredi 29 mars 2017 - 02:00
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