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Une collection fleuve

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 08 novembre 2022 - 14:00 (CET) - Salle 7 - Hôtel Drouot - 75009

Récompenses sonnantes et trébuchantes pour la collection multispécialisée d’un véritable amateur, l’imprimeur Pierre Lallier.

École de l’Est, fin du XVIe siècle. Le Triomphe de Neptune, lavis, accompagné au... Une collection fleuve
École de l’Est, fin du XVIe siècle. Le Triomphe de Neptune, lavis, accompagné au verso d’un paysage, 40 51 cm.
Adjugé : 55 384 

Il a fallu trois jours pour disperser le millier de lots constituant la collection du maître d’art imprimeur Pierre Lallier (1946-2021), à laquelle était consacrée l’Avant-Première de la Gazette n° 38 (voir l'article La succession d’un imprimeur-collectionneur : Pierre Lallier, page 25). Manuscrits, autographes, estampes, lithographies, arts premiers et d’Asie, monnaies, art islamique, histoire naturelle, armes et souvenirs historiques : la diversité des spécialités réunies est édifiante. En suivant le cours de la vente et de l’histoire, on commençait bien avant l’apparition de l’homme avec un fossile de Merycoidodon trouvé au Nebraska (837 €). Puis l’on croisait une statuette figurant une orante (h. 10,4 cm) ibérique du IVe-IIIe siècle av. J.-C. (2 576 €), et l’on traversait les océans pour se retrouver en Nouvelle-Zélande chez les Maoris, avec une boîte à trésors de forme oblongue (45 15,7 cm) entièrement gravée de motifs circulaires et de deux têtes de tiki. L’objet, de belle facture et reproduit en page 26 du même article, est parti à 8 372 €. Cette première journée se tenait sous la protection de divinités indiennes en bronze, dont un bodhisattva Manjushri (h. 9,8 cm) assis en position de délassement royal, de style pala et du XVIIe siècle (15 456 €). Les manuscrits et les œuvres sur papier occupaient l’après-midi du mercredi, où une lettre autographe du bon roi Henri IV adressée de Fontainebleau le 15 mai 1609 à son cher Sully se lisait à 2 834 €. Une pépite se glissait au milieu des dessins : ce lavis donné à une école de l’Est de la fin du XVIe siècle, représentant Le Triomphe de Neptune, surfait sur les flots à 55 384 €. Quant au volet bibliophilique, il offrait 13 785 € à un livre d’heures à l’usage de Rouen, imprimé en 1503, et 15 038 € à une première édition de la traduction française, due à Gabriel de Collange, du traité sur l’écriture cabalistique de l’abbé Jean Trithème (1462-1516). 27 570 € revenaient à un texte imprimé en caractères gothiques, un in-12 des années 1530 d’un anonyme joliment titré Les Souhaitz du monde. Tout cela se terminait sur des frappes de rares monnaies antiques en argent : 32 200 € exauçaient les vœux d’un tétradrachme sicilien du règne de Denys (406-367 av. J.-C.), orné du profil de la nymphe Aréthuse, et 9 660 € à un autre datant de celui de Selinonte (466-415 av. J.-C.), montrant un quadrige conduit par Artémis. Le lot phare de ces trois jours était cependant le Cristo Vivo en bronze à patine brune rattaché à l’école florentine, de la fin du XVIe siècle et inspiré d’un dessin de Michel-Ange des années 1538-1541 conservé au British Museum de Londres. Le sauveur du monde n’a pas été salué.

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