Gazette Drouot logo print

Une collection d’art populaire

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 07 décembre 2018 - 14:00 (CET) - Salle 7 - Hôtel Drouot - 75009

Les succès des choses simples

France, probablement région lyonnaise, époque Louis XV (1715-1774). Serrure et sa... Une collection d’art populaire
France, probablement région lyonnaise, époque Louis XV (1715-1774). Serrure et sa clef, travail de maîtrise en fer forgé, découpé à jours et sculpté, h. de la serrure 9,8 cm, l. 17,8 cm, l. de la clef 12 cm.
Adjugé : 79 112 €

Cet ensemble réunissant pas moins de 255 objets d’art populaire méritait très justement l’«Événement» que la Gazette no 41 (du 23 novembre) lui consacrait en page 14. Comme il le rappelait, c’est en toute discrétion qu’un collectionneur demeuré anonyme l’avait réuni. C’est en toute lumière qu’il a été dispersé et a totalisé 584 178 €.

À lanterne, à chimères et à couronne
Les objets phares mis en avant ont rencontré l’intérêt des collectionneurs, nombreux en salle. Les 79 112 € de cette serrure, équipée de sa clef, exécutée probablement dans la région lyonnaise à l’époque Louis XV, en attestent. Michel Rullier, spécialiste en art populaire, dont les ventes de la collection en 2010 et 2011 furent l’occasion de records, avait posé son regard sur ce travail de maîtrise lyonnais et démontré tout l’intérêt d’une telle pièce dans la connaissance de l’histoire de la serrurerie. Intérêt des plus justifiés au vu de son résultat, le plus haut de l’ensemble et qui venait ouvrir une belle série… L’art de la ferronnerie se glorifiait encore de 15 312 € pour une clef à chimères et son canon du XVIe-XVIIe siècle, de 11 484 € pour une clef à couronne cette fois, de la même époque, et de 11 739 € pour un modèle à lanterne, et probablement bordelais, du XVIIIe siècle. Double lecture et 11 229 € pour le casse-noix à tenaille en buis au portrait, qui change selon le point de vue, un travail exceptionnel du XVIe siècle (reproduit page 17 de l’article ci-dessus mentionné) faisant aussi office de casse-noisettes. Les grès régionaux sortaient ensuite du four tout chauds pour livrer leurs enchères odorantes : 12 122 € pour une chevrette émaillée au bleu de cobalt, des ateliers de la Puisaye au XVIe siècle, et 26 796 € pour un appétissant gîte à lièvre armorié, en terre blanche à glaçure manganèse, reprenant les nuances de la fourrure de l’animal. Cette pièce était sans doute un cadeau de mariage commandé à un potier de Ligron, dans la Sarthe. Signalons également l’acquisition, par le musée de la Poterie de La Borne, d’une fontaine (h. 50 cm) et de son bassin en grès émaillé de couleur miel, fabriquée dans ce même endroit au XIXe siècle par Marie
Talbot (1814-1874). Et, avant de conclure, un petit tour du côté du moulin à épices dit
«à trompe d’éléphant» (reproduit page de doite). Ce modèle exceptionnel, par la qualité de son façonnage dans le buis, son état de conservation, son décor estampé et le profil de son déversoir, délivrait tous ses arômes pour 39 556 €.

 

XVIe-XVIIe siècle. Moulin à épices dit «à trompe d’éléphant» monoxyle en buis, à pied tourné et fer forgé, décor estampé toutes faces, h. 19 cm. Adjug
XVIe-XVIIe siècle. Moulin à épices dit «à trompe d’éléphant» monoxyle en buis, à pied tourné et fer forgé, décor estampé toutes faces, h. 19 cm.
Adjugé : 39 556 €
vendredi 07 décembre 2018 - 14:00 (CET) - Live
Salle 7 - Hôtel Drouot - 75009
Ferri & Associés
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 2 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne