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Un Van Dongen des années de gloire

Le 29 mars 2018, par Anne Doridou-Heim

Bardée de provenances celle du galeriste d’avant-guerre Armand Drouant notamment , de références et bientôt incluse au prochain catalogue raisonné de son œuvre par Jacques Chalom des Cordes, cette toile de Kees Van Dongen (1877-1968), peinte vers 1920-1930, séduisait à 210 540 €. Il faut dire que son sujet disposait de…

Un Van Dongen des années de gloire
Kees Van Dongen (1877-1968), Portrait de Lulu, vers 1920-1930, huile sur toile, 65 x 54 cm.
Adjugé : 210 540 €

Bardée de provenances celle du galeriste d’avant-guerre Armand Drouant notamment , de références et bientôt incluse au prochain catalogue raisonné de son œuvre par Jacques Chalom des Cordes, cette toile de Kees Van Dongen (1877-1968), peinte vers 1920-1930, séduisait à 210 540 €. Il faut dire que son sujet disposait de tous les atouts pour ! Ce Portrait de Lulu est charmant et présente cette touche légère caractéristique des œuvres de la période. Après avoir été profondément marqué par son passage au Bateau-Lavoir une époque bénie, en lumière jusqu’au 26 août sur les cimaises du musée de Montmartre et racontée dans la Gazette n° 11 du 16 mars (page 275) , il rejoint la rive gauche et Montparnasse pour un petit moment, avant de retraverser la Seine en 1919 pour s’installer dans le XVIe arrondissement, puis près de la place Wagram. Commence alors pour lui la période la plus brillante de sa vie d’artiste, le voyant devenir le peintre de la vie mondaine et enchaîner les figures féminines. Grâce à un pinceau parfaitement sûr, il donne à la femme des Années folles une silhouette élancée légèrement provocante, osant les décolletés et les poses alanguies, aux bouches et aux yeux rehaussés de maquillage. Le style Van Dongen est posé, et immédiatement reconnaissable. Cette Lulu répond à ses critères, tout comme le Portrait de Madame Marie-Thérèse Raulet, une toile du musée des beaux-arts de Caen actuellement accrochée à Montmartre. La réussite accompagne ces années : L’artiste néerlandais, après s’être séparé de Guus, a pour nouvelle compagne Léa Jacob, dite Jasmy. Directrice d’une maison de couture, elle l’introduit dans les cercles de la mode. Ensemble, ils partagent un goût prononcé pour la vie mondaine et le succès. Dans leur hôtel particulier du XVIIe arrondissement, il dédie une salle à l’exposition de ses œuvres et y organise des vernissages, qui deviennent peu à peu des événements incontournables. Déjà en 1925, une première monographie lui est consacrée par Édouard des Courières. L’année suivante, il est fait chevalier de la Légion d’honneur et, en 1929, obtient la nationalité française. Pour Van Dongen aussi, cette décennie 1920 sera synonyme d’Années folles !

collection Djamil Jacir, tableaux, mobilier et objets d'art, minéraux et fossiles, orfèvrerie, bijoux
lundi 19 mars 2018 - 11:00 (CET) - Live
Salle 4 - Hôtel Drouot - 75009
Christophe Joron Derem
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