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Un orientalisme romantique

Le 20 mars 2019, par Caroline Legrand

Entre orientalisme et exotisme, il n’y a qu’un pas, que franchit ici Antoine Druet. Élève de Gérôme à l’École des beaux-arts de Paris, il a de nombreuses fois voyagé au Maghreb, en Égypte ainsi qu’à Ceylan, en 1894, suite à une récompense reçue au Salon. En 1900, il a même l’honneur d’accompagner le président de la République…

Un orientalisme romantique
Antoine Druet (1857-1921), Salammbô au festin des mercenaires, toile, 195 296 cm.
Estimation : 15 000/25 000 

Entre orientalisme et exotisme, il n’y a qu’un pas, que franchit ici Antoine Druet. Élève de Gérôme à l’École des beaux-arts de Paris, il a de nombreuses fois voyagé au Maghreb, en Égypte ainsi qu’à Ceylan, en 1894, suite à une récompense reçue au Salon. En 1900, il a même l’honneur d’accompagner le président de la République Émile Loubet en Algérie. Il décide de s’y installer et ouvre à Alger une école de peinture en 1904. À la suite de la campagne d’Égypte du général Bonaparte, qui s’achève en 1801, les textes romantiques du XIXe siècle mettent en scène un Orient rêvé et mystérieux. Parmi ceux-ci, Aziyadé et Fantôme d’Orient de Pierre Loti, mais aussi Salammbô de Gustave Flaubert, publié en 1862, et qui inspire Druet pour ce tableau. L’auteur de Madame Bovary y décrit un épisode historique, la guerre des Mercenaires, au IIIe siècle av. J.-C., opposant la ville de Carthage à des combattants barbares, qu’elle avait engagés pour lutter à ses côtés pendant la première guerre punique. Flaubert, qui a fait des recherches approfondies et effectué un voyage en Tunisie, prend pour toile de fond un Orient exotique, sensuel et violent. Le personnage de Salammbô apparaît, au début du roman, lors d’un festin chez son père Hamilcar, où les Barbares  furieux de ne pas avoir été payés  détruisent la propriété. La jeune fille tente alors de les calmer. Mais deux hommes se disputent ses faveurs, l’un transperçant le bras de l’autre avec une lance. C’est ce moment précis qu’a saisi Antoine Druet. Un instant dramatique, et surtout propice aux représentations d’hommes et femmes en costumes «typiques». Avec ses dimensions imposantes – près de 3 mètres de largeur –, ce tableau est l’une des œuvres marquantes de la carrière du peintre, qui la présenta au Salon de 1910. 

tableaux anciens et modernes
mardi 26 mars 2019 - 14:00 (CET)
8-10, rue Miséricorde - 44000 Nantes
Ivoire - Couton - Veyrac - Jamault
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