Gazette Drouot logo print

Un louis d’or qui en vaut bien dix

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 08 décembre 2021 - 14:00 (CET) - Salle 10-16 - Hôtel Drouot - 75009

Ce programme dévolu à la numismatique était emmené par la frappe vertigineuse de 673 100 € sur un 10 louis d’or, au buste lauré et drapé.

Louis XIII (1610-1643). 10 louis d’or au buste lauré et drapé, au revers une croix... Un louis d’or qui en vaut bien dix
Louis XIII (1610-1643). 10 louis d’or au buste lauré et drapé, au revers une croix formée de huit «L» couronnés, tranche lisse, poids 67,26 g.
Adjugé : 673 100 

La monnaie royale était attendue dans les sphères, mais peut-être pas à une hauteur de 673 100 € ! Peu d’exemples du 10 louis de ce type existent encore – une vingtaine vraisemblablement –, dont certains se trouvent au cabinet des Médailles de la BnF ou au musée Carnavalet, tous datant de 1640 (voir l'article Un dix louis d’or au buste drapé de Louis XIII de la Gazette n° 43, page 62). La figure souveraine a été gravée par Jean Varin (1604-1672), sculpteur wallon qui, venu en France et devenu contrôleur général des poinçons et effigies, imposa l’usage du balancier à la Monnaie de Paris et s’illustra dans les bustes opulents qu’il fit du successeur d’Henri IV, de Richelieu et de Louis XIV notamment. En 1640, Louis XIII, poussé par son ministre, décide d’une réforme monétaire d’envergure afin de contrer la puissance financière de l’Espagne de Philippe IV. Cette pièce, la plus grande en or frappée dans le royaume avec son diamètre de 50 mm, en est le résultat. Il en existe deux versions : sur l’une, le roi porte un col drapé à l’antique, tandis que sur l’autre, il a le buste nu. Il s’agissait d’une pièce dite «de plaisir», destinée non pas à la circulation courante mais à servir sur les tables de jeu de la cour. On raconte que sa valeur équivalait à l’époque à trois années de salaire d’un valet au service d’un prince. D’autres pièces permettaient à la vacation de retenir le produit total de 1 879 246 €. Ainsi des 104 140 € obtenus par un essai en or de l’écu «au bandeau» (50,06 g) frappé tout juste cent ans plus tard, en 1740 donc, sous le règne de Louis XV (1715-1774). Il faut y ajouter les 127 000 € d’un aureus présentant le buste lauré, drapé et cuirassé de Tetricus Ier (271-274)… Lorsque l’empereur des Gaules Victorin (260-274) est assassiné, sa mère, Victoria – connue également sous le nom de Vitruve –, supplie ce gouverneur d’Aquitaine de prendre sa suite. Mais celui-ci, peu sûr de son armée – qui se mutine régulièrement – et loyal envers Rome, demande à l’empereur Aurélien (270-275) de reprendre le contrôle sur les provinces et pour ce faire, simulera sa propre défaite. Il finira sa carrière comme gouverneur de Lucanie et sera mis au rang des dieux. Son monnayage est donc extrêmement rare. La pièce a été découverte en Normandie, à Gisay-la-Coudre.

mercredi 08 décembre 2021 - 14:00 (CET) - Live
Salle 10-16 - Hôtel Drouot - 75009
Fraysse & Associés
Gazette Drouot
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 2 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne