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Un joli naturel

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Une charmante modiste au pastel décrochait un record mondial pour une œuvre sur papier d’Émile Friant.

Émile Friant (1863-1932), La Modiste, 1890, pastel, 63 x 46,5 cm. Adjugé : 324 0... Un joli naturel
Émile Friant (1863-1932), La Modiste, 1890, pastel, 63 46,5 cm.
Adjugé : 324 030 

Était-elle aussi délicate que celle-ci, la modiste du roman d’Émile Zola Au Bonheur des dames ? On peut se plaire à le croire. En revanche, les deux Émile étaient bien deux grands tenants d’un même courant, l’un en étant le chef de file dans l’écriture, l’autre dans la peinture. En effet, Émile Friant (1863-1932), né dans une famille de Moselle réfugiée à Nancy après la guerre de 1870 et grand maître de l’école de la ville, est l’un des principaux maîtres du naturalisme (à l’instar de son confrère Jules Bastien-Lepage), un ample mouvement artistique qui se diffuse dans toute l’Europe entre 1880 et 1900. Il est question de s’attacher à décrire la réalité telle qu’elle est, et non pas telle qu’elle devrait être, et d’aller puiser ses sujets dans la vie quotidienne et les classes laborieuses. Sur la tête de cette Modiste fidèlement observée au pastel en 1890 (voir également l'article Maître du réalisme page 60 de la Gazette n° 40 du 22 novembre), une enchère de 324 030 € était déposée : un résultat lui valant d’obtenir un record mondial pour une œuvre sur papier de l’artiste (source : Artnet), tout à fait inattendu et bien supérieur à son estimation. Friant n’en avait pas fini de séduire car son Portrait de Madame Gustave Paul, une huile sur panneau de 1888, s’installait pour sa part à 122 360 €. Posant dans un intérieur typique de l’ambiance fin de siècle des lieux ouverts aux arts, la dame, épouse d’un notaire influent et fidèle soutien de nombreux créateurs (dont Émile Friant), regarde le peintre droit dans les yeux et esquisse un sourire. À l’arrière-plan de la composition figure une sculpture représentant une jeune enfant dessinant. Son auteur est connu et se nomme Mathias Schiff (1862-1886), un artiste lorrain lui aussi. Ces deux œuvres, qu’acccompagnaient une Élégante au chapeau (24 21,5 cm) à l’aquarelle (7 728 €) et un Homme et son chat auprès du poêle (30,5 22 cm) à l’huile sur toile (83 720 €) de l’artiste, provenaient d’une même collection particulière.

Émile Friant, Portrait de Madame Gustave Paul, 1888, huile sur panneau, 54,5 x 45 cm. Adjugé : 122 360 €
Émile Friant, Portrait de Madame Gustave Paul, 1888, huile sur panneau, 54,5 45 cm.
Adjugé : 122 360 
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