Un Coypel à la gloire de Louis XIV vendu online le 27 mars

Le 19 mars 2020, par Philippe Dufour

Chroniqueur de la geste du Roi-Soleil, Antoine Coypel en a laissé plusieurs représentations aux allures d’apothéose. Parmi elles, ce dessin virtuose aux trois crayons.

Antoine Coypel (1661-1722), Étude pour une allégorie à la gloire de Louis XIV, dessin aux trois crayons,
pierre noire, sanguine et craie blanche, 30 
42,5 cm.
Estimation : 50 000/60 000 

Dominant l’assemblée céleste, le souverain, couronné de lauriers, illumine toute la scène d’une aura véritablement divine. Assis sur un trône surélevé et arrondi, il attire les regards admiratifs des nymphes et des putti, alanguis sur les nuées. Plus bas, des figures mythologiques semblent évoquer l’allégeance des saisons, symbolisées par un Bacchus à la coupe, et une Flore brandissant des guirlandes de fleurs… Ce dessin ou Étude pour une allégorie à la gloire de Louis XIV, qui célèbre le roi sous une apparence apollinienne, est dû à l’un des artistes les plus novateurs de la seconde moitié du XVIIe siècle : Antoine Coypel. L’œuvre s’inscrit parfaitement dans une période de sa jeunesse consacrée à l’exaltation du monarque français. Ainsi, le 25 octobre 1681, c’est avec un tableau allégorique dépeignant Louis XIV couronné par la Gloire après la Paix de Nimègue en 1678 (aujourd’hui au musée Fabre de Montpellier) que l’artiste, âgé de seulement 20 ans, est reçu à l’Académie royale de peinture. Trois ans plus tard, il réalise une toile tout aussi importante, commandée par l’homme de cour Claude II de Langlée : l’Allégorie à la gloire de Louis XIV (allusion à la Paix de Ratisbonne signée le 15 août 1684), aujourd’hui au musée du Château de Versailles. L’Étude, d’ailleurs, a appartenu aux collections de la Couronne de France, jusqu’à ce que le comte de Chambord l’offre aux ancêtres des actuels propriétaires. Si elle n’est pas signée, ses détails attestent de son authenticité, par ailleurs confirmée par Nicole Garnier, la spécialiste du maître et auteur de son catalogue raisonné. L’un des plus parlants s’avère la nymphe de gauche, au visage appuyé sur une main et regardant le roi ; on peut la comparer à une figure identique du dessin préparatoire (musée du Louvre) pour La Descente d’Énée aux Enfers (1715-1717). Antoine Coypel ne cessera de s’affirmer comme un grand peintre, élaborant un style «rubénien» et usant de techniques audacieuses, notamment pour le plafond de la chapelle de Versailles. Mais ici, il faut bien constater – une fois de plus – qu’il fut également un immense dessinateur. À cela n’est pas étrangère la formation rigoureuse reçue de son père, Noël, où la pratique du dessin occupait une place quotidienne. Aussi chacune de ses toiles était-elle précédée d’esquisses abouties, allant de personnages isolés à des compositions complètes. Et pour donner un rendu plus achevé à ces dernières, il a souvent fait appel à ces trois crayons – comme son contemporain Antoine Watteau – qui instillent toute sa vivacité à notre scène tourbillonnante.
AVIS : VENTE MAINTENUE ONLINE LE 27 MARS À PARTIR DE 14H

vendredi 03 avril 2020 - 14:30
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