Trésors impressionnistes de la collection Ordrupgaard

Le 21 février 2019, par Christophe Averty

Fondation Pierre Gianadda, 59, rue du Forum, Martigny, tél. : +41 27 722 39 78, wwww.gianadda.ch. Jusqu’au 16 juin 2019.

Edgar Degas (1834-1917), Femme se coiffant, 1894, huile sur toile, 54 40 cm, détail.
© Ordrupgaard, Copenhague. Photo : Anders Sune Berg

Si soixante merveilles de la modernité française ont temporairement gagné les cimaises suisses, le titre alléchant sous lequel elles ont été rangées risque d’induire le visiteur en erreur. Car au-delà de la période impressionniste, abondamment représentée, les œuvres choisies dans la collection du couple danois Henny et Wilhelm Hansen embrassent le réalisme de Gustave Courbet dans une chasse au chevreuil (Le Change), le cloisonnisme libéré de Paul Gauguin dans le Portrait de Vaïté Goupil, une romantique George Sand par Delacroix… Ce commissariat sans signature, apparemment orchestré par le musée d’Ordrupgaard qui refait actuellement peau neuve, semble avoir peu ou prou calqué le parcours de l’exposition sur celui, pourtant plus riche et resserré, de l’exposition Le Jardin secret des Hansen présentée l’an dernier au musée Jacquemart-André. Mêmes œuvres emblématiques  comme cette hypnotique Corbeille de poires signée Édouard Manet, ou ces Baigneuses de Cézanne  agrémentées de quelques heureuses surprises comme la Femme dans l’herbe de Pierre-Auguste Renoir, peinte à vifs coups de brosse, aériens et caressants. Si, d’Ingres à Corot, la qualité irréprochable des œuvres  acquises par le magnat de l’assurance entre 1916 et 1918 à «prix de guerre»  offre au musée d’Ordrupgaard une vitrine hors les murs, le propos de l’exposition reste flou et brouillon et son accrochage déséquilibré. Une somme de merveilles ne fait pas toujours un trésor.

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