Gazette Drouot logo print

Toujours plus bleu et plus haut !

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Un saphir du Cachemire et trois léopards, peints à la laque par Jean Dunand, s’abreuvaient à la source féconde des enchères.

Bague en platine ornée d’un saphir taillé en coussin de 15,36 ct (origine Cachemire),... Toujours plus bleu et plus haut !
Bague en platine ornée d’un saphir taillé en coussin de 15,36 ct (origine Cachemire), épaulé de diamants taillés en huit-huit, signée sous le panier Bourdier Paris, poids brut 6,74 g.
Adjugé : 2 037 616 

La perfection n’a nul besoin du nombre… Quarante-cinq lots seulement dans cette vente, mais à l’arrivée une enchère millionnaire pour ce saphir du Cachemire et cinq résultats à six chiffres. En empochant 2 037 616 €, la gemme bleue descendue des montagnes enneigées de l’Himalaya devenait la pierre précieuse la plus chèrement adjugée de l’année à Drouot et y recueillait la troisième place toutes catégories confondues — juste derrière les 2 210 000 € de la toile de Raden Saleh offrant une vue de la jungle indonésienne (voir l'article Nouveau succès pour Raden Saleh de la Gazette n° 44, page 129). Elle devait toutes ces faveurs à ses propriétés. Son poids tout d’abord : 15,36 ct de pureté, ce qui fait un prix à l’unité de sa masse de 132 000 €, soit un très beau ratio ! Sa couleur aussi évidemment, de ce bleu si profond que l’on pourrait s’y noyer et si unique, en tout point emblématique de ces mines dont la réputation s’établit en quelques années à peine – entre 1881 et 1887 –, et dont l’histoire vous a déjà été relatée à plusieurs reprises dans ces pages. Quelques numéros plus loin, c’est un grand panneau peint à la laque par un spécialiste du genre, Jean Dunand, qui obtenait lui aussi un résultat mérité en enregistrant 437 920 €. Il ne s’agissait pas là de panthères des neiges – cela aurait été joli pour rester dans le thème – mais de Trois léopards s’abreuvant, des fauves restitués dans un camaïeu seyant à leur pelage. Leur majesté, comme on pouvait en juger dans le Coup de cœur de la Gazette n° 43 (page 25), s’accompagnait d’un caractère inédit sur le marché et était mise en valeur par la double technique parfaitement mise en œuvre de la laque lisse et de la laque arrachée : du grand art pour ce médium dont on sait la difficulté à le travailler et que seul un maître à son sommet peut dompter. Venaient encore deux noms ayant marqué l’histoire artistique des seventies, ceux d’Andy Warhol (1928-1987) et de Mick Jagger (né en 1943). En 1975, le peintre interroge le visage du rocker dans une suite de sérigraphies en couleurs, éditées à 250 exemplaires numérotés. Cinq d’entre elles (111 73,4 cm chacune) se retrouvaient ici pour repartir entre 87 584 et 122 360 €. Une tapisserie de Sheila Hicks (née en 1934) concluait ce florilège chaleureusement. Tissée en 1975, la pièce sans titre, constituée de trente-deux nuances de rouages (120 120 cm), était décrochée à 94 024 € – l’œuvre est reproduite page 75 de la Gazette n° 44 (voir l'article Le fil de Sheila). Ce résultat constitue un record français pour l’artiste textile américaine et la deuxième marche de son podium (source : Arnet).
 

Jean Dunand (1877-1942), Trois léopards s’abreuvant, vers 1930, panneau en laque arrachée brune et laque bleue sur fond uni à la feuille d
Jean Dunand (1877-1942), Trois léopards s’abreuvant, vers 1930, panneau en laque arrachée brune et laque bleue sur fond uni à la feuille d’or, cadre d’origine en laque chamois, 78 166 cm, 87 x 175 cm avec le cadre (détail).
Adjugé : 437 920 €
vendredi 17 décembre 2021 - 15:00 (CET) - Live
Salle 7 - Hôtel Drouot - 75009
Ferri & Associés
Gazette Drouot
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne