Gazette Drouot logo print

Toucher le feu. Femmes céramistes au Japon

Publié le , par Christophe Provot

L’origine de cette exposition est due à un coup de cœur. Celui de Sophie Makariou, présidente du MNAAG, pour le vase Zenmai (« Fougères ») de Hosono Hitomi à la Tefaf de Maastricht en 2016. Depuis, douze œuvres des XXe et XXIe siècles ont suivi cette première acquisition. Montrées pour la première fois, elles dévoilent...

Hosono Hitomi (née en 1979), Zenmai (« Fougères »), 2016, biscuit de porcelaine et... Toucher le feu. Femmes céramistes au Japon
Hosono Hitomi (née en 1979), Zenmai (« Fougères »), 2016, biscuit de porcelaine et feuilles d’or, 28,5 29,5 cm.
© RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) Michel Urtado

L’origine de cette exposition est due à un coup de cœur. Celui de Sophie Makariou, présidente du MNAAG, pour le vase Zenmai (« Fougères ») de Hosono Hitomi à la Tefaf de Maastricht en 2016. Depuis, douze œuvres des XXe et XXIe siècles ont suivi cette première acquisition. Montrées pour la première fois, elles dévoilent le savoir-faire des femmes céramistes depuis 1946, lorsque l’université des arts de Kyoto – avant celle de Tokyo en 1952 – s’est ouverte à la gent féminine. Auparavant, l’accès à l’art de la céramique, le droit de manier le tour de potier, actes réservés aux hommes en vertu de croyances du shinto accordant des pouvoirs surnaturels aux femmes, leur étaient interdits. Ainsi, de cette exclusion des chaînes de transmission, si fondamentales de l’art japonais, naquit paradoxalement une plus grande liberté de création, délestée du « poids » de l’héritage. Qu’elles soient plus « convenues », comme le vase d’Ono Hakuko, quasi organiques, à l’image de Rebirth de Futamura Yoshimi, ou semblables à des trompe-l’œil, telle la sculpture de Tanaka Yu en forme de furoshiki –technique d’emballage traditionnel des objets – d’un jaune pimpant, les formes employées sont révélatrices du talent de ces femmes, de leur recherche incessante de nouveauté, en expérimentant toutes les possibilités que leur apporte le matériau. Tenues à l’écart des ateliers, elles sont pour la plupart autodidactes, et ne forment pas d’élèves. Pour autant, leurs œuvres font état de maîtrise technique, doublée d’une vivacité artistique qui paraît inépuisable. Plus que de vouloir rendre compte de la dynamique politique d’acquisition du musée, l’exposition témoigne surtout de l’évolution des techniques et des idées, et prouve si besoin était que la céramique contemporaine japonaise demeure l’une des plus créatives au monde.

Musée national des Arts asiatiques
Guimet, 6, place d’Iéna, Paris XVIe, tél. : 01 56 52 54 33,
Jusqu’au 3 octobre 2022.
www.guimet.fr/
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 2 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne