Gazette Drouot logo print

Tefaf New York : l’heure des retrouvailles

Publié le , par Carine Claude

Les galeristes du monde entier l’attendaient de pied ferme. Après plus de deux ans d’absence, la Tefaf New York a renoué le contact « physique » avec son public du 6 au 10 mai. Un succès selon les exposants.

Tefaf New York 2022, stand Friedman Benda. © William Jess Laird. Courtesy TEFAF  Tefaf New York : l’heure des retrouvailles
Tefaf New York 2022, stand Friedman Benda.
© William Jess Laird. Courtesy TEFAF

La bourse dévisse, mais le marché de l’art reste au beau fixe. Alors que les indices plongent à Wall Street, New York réaffirme sa position de plaque tournante de l’art lors d’un calendrier marathon qui s’ouvre avec le grand retour de la Tefaf en présentiel et des enchères records pour les vacations de printemps – rappelons que le 9 mai, Larry Gagosian a signé un coup historique chez Christie’s avec l’acquisition de la Shot Sage Blue Marilyn (1964) d’Andy Warhol, pour 195 M$, soit le tableau du XXe siècle le plus cher. Dans ce contexte paradoxal, la Tefaf retrouve ses marques au Park Avenue Armory, où 91 marchands et 60 institutions muséales convergent pendant cette semaine foisonnante de l’art. Une édition saluée pour sa qualité par les galeristes du monde entier. «Tout le monde avait fait un gros effort de sélection et de présentation», constate Jacques de la Béraudière, spécialiste des maîtres du XIXe et du XXe siècle, qui a trouvé preneur pour des œuvres de Paul Klee, Max Ernst (1928), Miró (années 1960) et Hartung (même période). À une nuance près : «Les gros clients ne sont pas venus, ce qui est le cas pour pas mal de marchands. Les yoyo de la bourse new-yorkaise les rendent peut-être frileux…» «La foire est d’une qualité extraordinaire, des contacts très prometteurs ont été pris avec de nouveaux collectionneurs et des musées», reconnaît le galeriste et expert en arts premiers Bernard Dulon. Encore en discussions «avancées» sur un Staël et un Soulages, Franck Prazan se réjouit de sa présence sur «une foire très belle avec une ambiance active», qui s’est ouverte pour le galeriste avec la vente d’un Riopelle. De son côté, Sarah Marcepoil félicite une organisation aux petits oignons qui lui a permis de toucher de nouveaux acheteurs et de réaliser de belles ventes sur place, en mobilier comme en peinture : «Les marchands étaient contents de se retrouver, il y a une très bonne ambiance et une belle clientèle américaine était présente. Tous les stands exposaient des objets exceptionnels.» «La dimension muséale de la foire est extraordinaire, tout comme la qualité des collectionneurs new-yorkais. Nous n’avons pas arrêté de travailler pendant toute la durée de la foire et de surcroît nous avons vendu principalement à de nouveaux collectionneurs», s’enthousiasme Maria Wettergren. Didier Krzentowski insiste sur la belle dynamique du design pendant la Tefaf. «Il me semble que c’est un peu plus compliqué pour l’art, car la bourse a baissé et les ventes aux enchères se déroulent au même moment, analyse-t-il. Comme nous sommes peu nombreux sur le secteur design, nous profitons des clients des plus grandes galeries d’art du monde et de New York.» Avec des pièces vendues entre 30 000 à 140 000 $, le fondateur de la galerie Kréo a écoulé de très beaux mobiliers de Sarfatti et de Bardet ou encore les quatre derniers exemplaires des «Flou Mirrors» des Bouroullec. Le jour du vernissage a été faste pour Stéphane Danant, qui a vendu une table Saturne (140 000 $) et une paire de sièges de Maria Pergay (40 000 $), ainsi qu’un fauteuil de Pierre Paulin (60 000 $) : «Nous avons retrouvé notre clientèle américaine et rencontré beaucoup de nouveaux acheteurs potentiels. Les ventes du vernissage nous ont permis d’aborder la foire de manière sereine, mais il n’y a pas non plus de fièvre acheteuse délirante. Cependant, tout le monde était content d’être là, de se retrouver dans une certaine forme d’allégresse. C’est une très belle foire.» Un constat unanime.

Gazette Drouot
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne