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Taureau d’Amlash : Intemporel...

Publié le , par Christophe Provot

Un vase libatoire aux formes étonnamment modernes suscitait la convoitise, tandis que deux musées parisiens faisaient leurs emplettes dans cette vacation d’archéologie et d’arts de l’Islam.

Culture amlash, nord-ouest de l’Iran, vers 1400-1100 av. J.-C. Vase en forme de taureau... Taureau d’Amlash : Intemporel...
Culture amlash, nord-ouest de l’Iran, vers 1400-1100 av. J.-C. Vase en forme de taureau à bosse, terre cuite lustrée, h. 17, l. 23 cm.
Adjugé : 23 040 

On croirait une sculpture de Picasso tant les lignes épurées de ce récipient évoquent les créations du maître ibérique. Pourtant, ce vase en forme de zébu est bien plus ancien qu’il n’y paraît, car du haut de sa bosse, trente siècles nous contemplent. C’est au sud-ouest de la mer Caspienne, dans le comté d’Iran du nom d’«Amlash», que des figures comme celle-ci ont été mises au jour il y a près de soixante-dix ans. C’est cependant non loin de là, à Marlik, qu’elles ont été façonnées entre 1500 et 900 av. J.-C. L’exposition «Sept mille ans d’art en Iran», présentée au Petit Palais à l’hiver 1961-1962, a valu à ces céramiques un regain d’intérêt et de fascination qui ne s’est jamais tari. Une aura de mystère entoure ces objets, la civilisation qui les a façonnés n’ayant laissé aucune trace écrite. Plus encore, leur très grande rareté, puisqu’on ne connaîtrait qu’une centaine de ces taureaux, participe de l’attrait qu’ils suscitent et explique que le nôtre, estimé 4 000/6 000 €, se soit envolé à 23 040 €. Le museau du bovidé, assimilé au bec verseur, atteste de son utilisation comme vase ou rhyton lors des libations quotidiennes. Ces récipients étaient également placés dans des tombes où le défunt était entouré d’un important bestiaire évoquant celui qui peuplait les montagnes de l’Elbourz. Le musée du Louvre possède deux vases très similaires et visibles dans son parcours, entrés dans ses collections grâce au don de Mohsen Foroughi en 1960. Lui aussi vient d’Iran mais est plus récent : le boîtier de miroir qâjar du XIXe siècle, présenté en page 55 de la Gazette n° 25 (voir l'article Orient et Occident en miroir dans l'art qâjar), était préempté par le musée du quai-Branly - Jacques Chirac contre 19 840 €. Pas en reste, celui d’Art et d’Histoire du judaïsme faisait valoir ses droits à deux reprises pour autant de séries de cinq épreuves argentiques de Jean Besancenot (1902-1992), «Femmes juives du Maroc», à respectivement 1 792 et 1 536 €.

mardi 28 juin 2022 - 13:30 (CEST) - Live
Salle 4 - Hôtel Drouot - 75009
Ader
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