Taipei Dangdai, une deuxième édition qui tient ses promesses

Le 28 janvier 2020, par Pierre Naquin et Hugues Cayrade

Alors que Hong Kong est en difficulté, la jeune foire taïwanaise confirme son ambition et tend déjà à s’affirmer, avec une centaine de galeries haut de gamme, comme un événement majeur sur la scène artistique asiatique.

Taipei Dangdai 2020. Courtesy Taipei Dangdai

La deuxième édition de Taipei Dangdai s’est déroulée du 17 au 19 janvier au Nangang Exhibition Center, où plus de 40 000 visiteurs ont été accueillis. Une centaine d’exposants, composés pour près d’un quart de galeries taïwanaises, ont participé à cette foire, lancée l’année dernière par le Britannique Magnus Renfrew. Celui-ci était déjà à l’origine de la création d’Art HK en 2007, passée cinq ans plus tard sous le pavillon Art Basel Hong Kong. «Nous espérons faire de Taipei Dangdai la manifestation le plus important de la scène artistique asiatique et même mondiale», déclarait très modestement Robin Peckham, codirecteur de l’événement, dans son discours inaugural. Écrivain et commissaire artistique, Peckham a rejoint Renfrew pour cette deuxième mouture.
Un marché très actif
L’objectif de Taipei Dangdai peut paraître ambitieux, mais l’instabilité socio-économique qui persiste à Hong Kong laisse à penser que d’autres places asiatiques peuvent contester sa domination sur le marché de l’art. «Pour un si petit pays, il est étonnant d’y trouver autant de collectionneurs», reconnaît Rachel Lehmann, de la galerie londonienne Lehmann Maupin. L’essentiel du public est asiatique, et majoritairement taïwanais – un marché encore sous-exploité sur lequel les organisateurs de Taipei Dangdai entendent s’appuyer pour mettre leur manifestation sur orbite. Et, en deux étapes, la foire a déjà éclipsé son aînée Art Taipei, lancé il y a vingt-cinq ans. Si l’édition inaugurale, en 2019, a pu être considérée tant par les exposants que par les visiteurs comme une sorte de round d’observation, le volume de ventes a atteint cette année un niveau satisfaisant pour de nombreux acteurs. «Taipei est un marché très actif et le public y est raffiné, assure David Tung, de la Lisson Gallery, basée à Londres. Nous avons retrouvé de nombreux clients et également rencontré de nouveaux collectionneurs. Les réactions ont été très positives et nous avons réalisé de bons chiffres, notamment pour Julian Opie, Laure Prouvost, Stanley Whitney, Christopher Le Brun ou encore Bernard Piffaretti.» «Nous avons vendu de nombreuses œuvres de nos jeunes artistes», reconnaît-on aussi du côté de la Kukje Gallery, enseigne coréenne qui, au-delà
de la «star» Julian Opie, promeut le travail d’artistes comme l’Australien aborigène Daniel Boyd ou la Coréenne Suki Seokyeong Kang. Elle cédait pour près de 350 
000 $ d’œuvres, dont plus de la moitié de celles d’Opie. La galerie locale Lin & Lin dépassait le million et demi, dont plus de 600 000 $ pour une pièce monumentale de Liu Wei, quand Hauser & Wirth vendait plusieurs peintures et installations pour des «montants à six chiffres». «Taipei devient un lieu de rencontre majeur pour l’art en Asie et cette foire va contribuer à son plein épanouissement», indique Jack Chen, de 182 Artspace, à Tainan City. «Nous n’avons vendu cette année que trois pièces, pour environ 8 000 $, mais de nombreux nouveaux contacts ont été établis, et nous avons bon espoir que d’autres ventes se confirment dans les semaines qui viennent.» Les résultats par ailleurs annoncés par les poids lourds que sont Pace, David Zwirner ou Sprüth Magers, à plus d’un million d’euros chacun, donnent encore la mesure du potentiel de la jeune foire. Qui, avec la stabilité taïwanaise, pourrait bien s’installer dans la durée.

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