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Sur les chemins de l’automne

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 30 novembre 2018 - 14:00 (CET) - Salle 13 - Hôtel Drouot - 75009

Cette peinture d’Achille Laugé (1861-1944), avec son charme de saison et sa belle lumière, fait du bien. De cette toile comme de la grande majorité de celles qu’il a exécutées transpire une certaine idée du bonheur. L’Automne, route aux environs de Cailhau est comme cela, peinte durant l’année 1916, en pleine Première Guerre...

Achille Laugé (1861-1944), Automne, route aux environs de Cailhau, 1916, huile sur... Sur les chemins de l’automne
Achille Laugé (1861-1944), Automne, route aux environs de Cailhau, 1916, huile sur toile, 48 x 73 cm. Adjugé : 69 440 €

Cette peinture d’Achille Laugé (1861-1944), avec son charme de saison et sa belle lumière, fait du bien. De cette toile comme de la grande majorité de celles qu’il a exécutées transpire une certaine idée du bonheur. L’Automne, route aux environs de Cailhau est comme cela, peinte durant l’année 1916, en pleine Première Guerre mondiale et dans le Sud-Ouest, où seules les feuilles mortes tombaient par milliers… Profondément attaché à ses racines, Laugé ne s’est jamais lassé de décliner ce petit village de l’Aude, tout près duquel il avait acheté une bastide, «L’Alouette». Il se partageait entre son atelier toulousain et cette maison. Lui, l’ami d’Henri Martin et d’Aristide Maillol, a fait sienne la technique pointilliste de Georges Seurat et de Paul Signac. À une différence notable près : il n’y a rien de froid dans ses œuvres. Il se détache de la démarche scientifique stricte préconisée par les inventeurs et élabore son style propre, plus libre, plus fluide. Cela lui vaudra à l’époque un certain manque de reconnaissance. Ces temps sont révolus, et les toiles de l’artiste sont disputées aujourd’hui par les institutions et les collectionneurs du monde entier. Celle-ci recevait 69 440 €. Albert Marquet (1875-1947) ne connaissait pas le même succès, sa toile représentant Le Danube à Sulina (voir page 63 de la Gazette no 41 du 23 novembre) restant à quai. Un autre artiste de la même génération se retrouvait à leurs côtés, en la personne d’Henri Manguin (1874-1949). On le sait, ce dernier avait cédé aux charmes de la Côte d’Azur et plus particulièrement à ceux des environs de Saint-Tropez, qu’il parcourait en toutes saisons. Réformé lors de la Première Guerre mondiale, il s’installe en Suisse, sur les conseils du galeriste Paul Vallotton, afin de mettre sa famille à l’abri. Il ne reviendra dans le sud qu’en 1919, déjà à la recherche d’une maison. C’est à l’été 1920 qu’il loue pour la première fois la villa l’Oustalet avant de l’acheter en 1928. Sur ses chemins de découverte, un jour d’automne 1919, il peint Saint-Tropez, Château-Martin (33 x 41 cm), acheté ici à 38 440 €. Après avoir éclairé les murs du musée des Impressionnismes de Giverny, ses toiles montrant une véritable volupté de la couleur étaient aux cimaises de la fondation de l’Hermitage de Lausanne, jusqu’au 28 octobre dernier.

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