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Sur le motif. Peindre en plein air 1780-1870 à la fondation Custodia

Le 04 janvier 2022, par Carole Blumenfeld

En ces temps nuageux, la fondation Custodia nous offre un bain de jouvence. Le ravissement que procurent les Oliviers près de Tivoli de Janus La Cour, la Grotte dans un paysage rocheux de Louise-Joséphine Sarazin de Belmont, celles de Johan Christian Dahl, les vues de Rome de Granet ou de Corot, ou bien celles de Capri…

Sur le motif. Peindre  en plein air 1780-1870 à la fondation Custodia
Simon Denis (1755-1813), Arbres devant une vallée, huile sur toile, 68,8 91,1 cm (détail), fondation Custodia, collection Frits Lugt, Paris.

En ces temps nuageux, la fondation Custodia nous offre un bain de jouvence. Le ravissement que procurent les Oliviers près de Tivoli de Janus La Cour, la Grotte dans un paysage rocheux de Louise-Joséphine Sarazin de Belmont, celles de Johan Christian Dahl, les vues de Rome de Granet ou de Corot, ou bien celles de Capri par Anton Sminck Pitloo, est un véritable cadeau, à mille lieues des expositions nécessitant une lecture minutieuse de l’appareil didactique pour comprendre les intentions du commissaire. Les œuvres parlent d’elles-mêmes : cent cinquante études à l’huile, provenant en majorité de la fondation Custodia, de la National Gallery of Art de Washington, du Fitzwilliam Museum et d’Alice Goldet, collectionneuse très avertie qui vient d’offrir à la fondation une Vue du lac d’Albano depuis la Via di Palazzolo de Camuccini. Le choix de Ger Luijten (voir Gazette n° 3 du 19 janvier) de délaisser l’approche chronologique, pour proposer onze sections autour des motifs, est aussi bienvenu que celui d’exposer des dessins plus anciens au centre des salles, pour faire un lien avec les prédécesseurs de Pierre-Henri de Valenciennes ou de Georges Michel. L’accessibilité apparente des œuvres est tout de même un leurre, car le sujet est beaucoup plus pointu qu’il n’y paraît. Il y a quelques décennies, ce domaine était à peine étudié et le fait de présenter côte à côte Français, Danois, Anglais et Italiens aurait semblé une hérésie. Les politiques d’acquisition très actives de la National Gallery puis de la fondation Custodia, ou encore les donations Wheelock Whitney et Eugene V. Thaw au Metropolitan Museum of Art et à la Morgan Library, ont largement contribué à placer la peinture en plein air de la fin du XVIIIe siècle sur un piédestal, tout en embrassant la dimension européenne du sujet, les Danois étant aussi choyés que les Français. Ce domaine réserve encore bien des surprises, comme le prouvent les anonymes, qui comptent paradoxalement parmi les œuvres les plus spectaculaires de l’exposition, telles deux études d’arbre ou la Terrasse sur l’île de Capri.

Fondation Custodia. Collection Frits Lugt,
121, rue de Lille, Paris 
VII
e, tél. : 01 47 05 75 19.
Jusqu’au 3 avril 2022. 
www.fondationcustodia.fr 

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