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Simon Hantaï. L’exposition du centenaire à la fondation Louis Vuitton

Publié le , par Henri Guette

Pour le centenaire de la naissance de Simon Hantaï (1922-2008), la Fondation Louis Vuitton promettait avec son exposition de faire événement. Les partis pris de cette rétrospective qui complète celle réalisée en 2013 par le Centre Pompidou permettent en effet de dégager de nouvelles façons de voir son œuvre et de célébrer...

Simon Hantaï, Tabula, Paris, 1980, acrylique sur toile, 297 x 266 cm, collection... Simon Hantaï. L’exposition du centenaire à la fondation Louis Vuitton
Simon Hantaï, Tabula, [Paris], 1980, acrylique sur toile, 297 266 cm, collection particulière.
© Archives Simon Hantaï / ADAGP, Paris 2022
© Fondation Louis Vuitton / David Bordes

Pour le centenaire de la naissance de Simon Hantaï (1922-2008), la Fondation Louis Vuitton promettait avec son exposition de faire événement. Les partis pris de cette rétrospective qui complète celle réalisée en 2013 par le Centre Pompidou permettent en effet de dégager de nouvelles façons de voir son œuvre et de célébrer un hommage en bonne compagnie. En accrochant un Pollock en face des toiles expressionnistes des années 1950, puis un Matisse face aux premières toiles pliées, la commissaire Anne Baldassari permet de situer les travaux les plus connus de Hantaï dans son époque et ses discussions contemporaines. Elle rappelle aussi la complicité qui avait pu unir l’artiste avec Daniel Buren et Michel Parmentier, en invitant le premier à penser un hommage in situ, qui accompagne le visiteur tout au long du parcours épousant l’architecture de Frank Gehry. L’exposition exacerbe aussi la dimension spirituelle des gestes répétitifs, et pour ainsi dire méditatifs, du peintre d’origine hongroise. Les études réalisées respectivement en 1984 et 1986 en vue d’une commande publique pour les vitraux de la cathédrale de Nevers (jamais réalisée) rayonnent ainsi littéralement sous l’éclairage zénithal. De même, la salle surnommée la « chapelle » invite-t-elle au recueillement face aux derniers gestes de Hantaï. On découvre ainsi un esprit curieux qui ne cesse jamais d’expérimenter, quand bien même il annonce en 1982 se retirer du monde de l’art, après la série des Tabula lilas. La reconstitution du mur du dernier atelier de l’artiste est une surprise dans l’exposition : les torsions familières, les pliages évocateurs aux côtés de chiffons et d’outils de travail révèlent une fabrique. Si ses collages et son usage de la photographie avaient pu être montrés au début des années 2000, à la galerie Fournier ou au Fresnoy, ils trouvent ici une place, certes discrète, mais qui rétablit une chronologie et des décennies de travail et de réflexion.

Fondation Louis Vuitton, 8, avenue du Mahatma-Gandhi,
Paris (XVI
e), tél. : 01 40 69 96 00,

Jusqu’au 29 août 2022.
www.fondationlouisvuitton.fr
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