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Signée d’un «N» qui veut dire Napoléon

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Objets de vertu et de curiosité avaient le vent en poupe, voguant avec succès sur la mer des enchères.

Signée d’un «N»  qui veut dire Napoléon
Moulinié, Bautte & Cie, 1809-1815, boîte de présent en or jaune guilloché, le couvercle
orné du monogramme de Napoléon 
Ier serti de diamants ronds de taille ancienne sur fond amati, 8,8 5,2 cm.
Adjugé : 101 600 

Plusieurs pièces de cette vente précieuse, conclue sur le produit total de 946 248 €, avaient été mises en avant dans nos pages. Une première tabatière en or (7,4 5,8 cm, poids brut 257 g) avait fait la couverture de la Gazette n° 32 (voir l'article Une tabatière d’époque Louis XV très prisée). À décor chinoisant incrusté de nacre et de burgau, elle s’ouvrait pour accueillir un résultat de 76 200 €. Cette boîte de présent en or jaune guilloché ensuite, au couvercle orné du monogramme de Napoléon Ier, avait été présentée en page 40 de la Gazette n° 35 (voir l'article Présent napoléonien genevois endiamanté). C’est l’objet de vitrine qui retenait l’attention la plus haute, à 101 600 €. Il faut reconnaître qu’en cette année anniversaire, celle du bicentenaire du décès de l’Empereur, les collectionneurs de l’époque souveraine sont particulièrement à l’affût et leurs regards tournés vers ses souvenirs. Celui-ci, avec son sertissage de diamants ronds, était des plus précieux, car si les présents diplomatiques du «César français» à ses hôtes de marque ne manquaient pas – reprenant par-là les codes de l’Ancien Régime –, ceux rehaussés de la gemme blanche étaient plus rares. Ainsi, c’est au nombre de diamants – cinquante-deux pour ce modèle – que l’on devine le niveau de prestige du récipiendaire. Cette tabatière est l’œuvre d’une maison suisse fondée en 1793 par Jean-François Bautte (1772-1837) avant de devenir en 1804, à la suite de nouvelles associations, Moulinié, Bautte & Cie. Débutant modestement, l’atelier va se hisser au sommet de l’horlogerie avant de s’ouvrir à d’autres corps de métier, d’aller s’implanter dans les pays voisins – à Paris notamment – et de partir à la conquête de nouveaux marchés prometteurs, en Turquie voire jusqu’en Chine et en Inde. Ses poinçons la situent précisément entre 1809 et 1815, les années fastes avant la chute, celles où l’Empire à son apogée compte dominer l’Europe. Dans la même Gazette n° 35, en page 45 (voir l'article Et vogue le navire), se trouvait le curieux objet formé à partir d’une boîte à épices simulant une nef en porcelaine de Meissen. Celle-ci a été réalisée vers 1740 dans l’atelier de Johann Friedrich Eberlein (1695-1749), sculpteur entré dans la manufacture en 1735 — et qui participa aux côtés de Johann Joachim Kändler au projet de ménagerie grandeur nature commandé par Auguste le Fort — et de son confrère Johann Gottlieb Ehder –, assistant du même Kändler à partir de 1739. D’autres exemplaires de la nef sont mentionnés dans les registres de la manufacture prussienne. Vers le milieu du XVIIIe siècle, on l’a enrichie d’une monture en bronze doré afin de la transformer en encrier. L’alliance de l’originalité et du raffinement la menait sans vagues vers 52 705 €.
 

Encrier formé à partir d’une boîte à épices simulant une nef en porcelaine de Meissen, réalisée dans l’atelier de Johann Friedrich Eberlei
Encrier formé à partir d’une boîte à épices simulant une nef en porcelaine de Meissen, réalisée dans l’atelier de Johann Friedrich Eberlein et Johann Gottlieb Ehder vers 1740, monture en bronze doré du milieu du XVIIIe siècle, 39 19 15 cm.
Adjugé : 52 705 
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