Gazette Drouot logo print

Signé Pham Hau

Publié le , par Sophie Reyssat

Ce paravent vietnamien retourne en Asie. Avec ses biches délicates s’abreuvant au bord d’un étang, dans une campagne arborée minutieusement décrite et parée de camaïeux subtils, il est emblématique du travail de Pham Hau. La douceur de la végétation y prend le pas sur le minéral, et l’or éclaire la sérénité de l’ensemble....

Signé Pham Hau
Pham Hau (1903-1995), paravent à six feuilles en bois laqué à décor de biches, signé «Pham Hau», 198 x 105 cm.
Adjugé : 174 841 €

Ce paravent vietnamien retourne en Asie. Avec ses biches délicates s’abreuvant au bord d’un étang, dans une campagne arborée minutieusement décrite et parée de camaïeux subtils, il est emblématique du travail de Pham Hau. La douceur de la végétation y prend le pas sur le minéral, et l’or éclaire la sérénité de l’ensemble. Ce paysage, dans lequel la figure humaine est bannie à dessein, n’est pas conçu comme un simple élément décoratif : il est destiné à entrer dans un intérieur pour y ouvrir un espace sur un monde enchanteur. Un univers bien éloigné de la gare d’Hanoï, où Pham Hau débute sa vie professionnelle avant de s’inscrire à l’École supérieure des beaux-arts d’Indochine, en 1929. Bien lui en prit : Joseph Inguimberty y enseigne l’art du laque. Pham Hau devient l’un de ses meilleurs élèves, et décroche son diplôme en 1934. Le succès est à portée de main, d’autant que le pavillon de l’Indochine de l’Exposition coloniale de Paris, en 1931, et les nombreuses initiatives artistiques présentées à Hanoï depuis le début de ses études, ont éduqué le regard du public à l’art vietnamien. Le talent du jeune artiste devient en effet rapidement très recherché, aussi bien par les grandes familles locales que par les administrateurs français. Retour en Europe avec l’art sacré. 8 422 € étaient requis pour des ivoires du XVIIe siècle : la Vierge et saint Jean entourant le Christ en croix, ce dernier sculpté dans l’atelier augsbourgeois de Georges Petel, réunis dans une vitrine à cadre doré datant du siècle suivant. Parmi les dix plaques en porcelaine de Minton signées par Marc-Louis Solon, dans les années 1880, celle sur fond bleu, titrée «Il n’est pas de pot qui ne trouve son couvercle», décrochait 6 449 €, contre 2 357 € pour le modèle les «Amours en cerf-volant» reproduits dans notre Gazette n° 44, page 114. Le décor de chaque pièce a été élaboré selon la technique dite «pâte sur pâte». 

dimanche 16 décembre 2018 - 14:30 (CET) - Live
27, avenue Georges-Clemenceau - 92330 Sceaux
Siboni
Gazette Drouot
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne