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Sensualité féminine par Van Dongen

Le 20 mars 2019, par Caroline Legrand

Les portraits féminins sont omniprésents dans l’œuvre de Kees Van Dongen. De celui, pleinement fauve, aux cernes noirs et aux couleurs pures, de Fernande Olivier, en 1905, à ceux plus mondains de Madame Flore Lesieur ou de la Comtesse Anna de Noailles, en 1931, il n’a jamais abandonné cette thématique, alors que les avant-gardes…

Sensualité féminine par Van Dongen
Kees Van Dongen (1877-1968), Dreaming of Love, 1931, huile sur toile, 38 55 cm.
Estimation : 60 000/100 000 

Les portraits féminins sont omniprésents dans l’œuvre de Kees Van Dongen. De celui, pleinement fauve, aux cernes noirs et aux couleurs pures, de Fernande Olivier, en 1905, à ceux plus mondains de Madame Flore Lesieur ou de la Comtesse Anna de Noailles, en 1931, il n’a jamais abandonné cette thématique, alors que les avant-gardes picturales la négligeaient durant l’entre-deux-guerres. Le peintre d’origine hollandaise est un artiste et un homme à part, difficile à saisir et à classer. Ce rebelle – proche du milieu anarchiste à son arrivée à Paris en 1899 – est ainsi devenu un peintre de la haute société, tandis qu’à ses débuts il prenait pour modèles les prostituées de Rotterdam et dessinait des caricatures pour la presse. Mais, à partir de 1914, la réussite lui sourit enfin. Fini les difficultés financières des premières années, il fréquente désormais le grand monde, notamment grâce à sa rencontre avec la marquise Luisa Casati. Au cours de cette période, il organise même des bals costumés dans son appartement parisien, puis dans son hôtel particulier du bois de Boulogne. Dans l’un des plus fameux, en 1914, il accueille ses hôtes le torse nu et vêtu d’un simple pantalon large. Sa liberté, sa folie, sont toujours là ! Ses invités se nomment Paul Poiret, Nicole Groult, La Fresnaye, Henri Matisse ou Albert Marquet. En 1919, Van Dongen envoie au Salon d’automne trois portraits féminins, d’un naturalisme stylisé, qui deviendront des œuvres emblématiques de cette nouvelle époque qui s’annonce en France. Les femmes, auxquelles il ne savait résister, demeurent ses modèles favoris, vedettes et dames du monde, même s’il conservera toujours une distance teintée d’ironie – «Les bourgeoises sont sottes et insignifiantes, les nouveaux riches sont ennuyeux, mais les peintures faites d’après eux sont des chefs-d’œuvre», disait-il. L’une de ses principales muses à cette période, après sa séparation d’avec son épouse Guus, est Jasmy Jacob, ambitieuse et mondaine, issue du milieu de la mode, qu’il rencontre en 1916 et avec laquelle il aura une liaison jusqu’en 1932. Elle est peut-être le modèle de notre œuvre, qui joue sur la finesse du trait et la sensualité des formes plus que sur la couleur. Un dernier rêve amoureux avant une séparation qui sonnera également le déclin de la carrière de l’artiste… 

tableaux modernes et contemporains
lundi 25 mars 2019 - 18:30 (CET)
6, rue Marcel-Rivière - 69002 Lyon
Bérard - Péron
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