facebook
Gazette Drouot logo print

Sanyu et les peintres asiatiques en majesté

Le 04 janvier 2018, par Anne Doridou-Heim

Un proverbe chinois dit : «La modestie des Sages, des grands Hommes et des Héros, est un vrai oubli ; ils sont si remplis de ce qu’ils projettent, qu’ils perdent de vue ce qu’ils ont exécuté.» Oublié, le peintre Sanyu (1901-1966) l’a injustement été durant des décennies et, déjà à Montparnasse, où il était arrivé au début…

Sanyu et les peintres asiatiques en majesté
Sanyu (1901-1966), Pot de fleurs, huile sur toile, 92 x 73 cm.
Adjugé : 8 797 500 €

Un proverbe chinois dit : «La modestie des Sages, des grands Hommes et des Héros, est un vrai oubli ; ils sont si remplis de ce qu’ils projettent, qu’ils perdent de vue ce qu’ils ont exécuté.» Oublié, le peintre Sanyu (1901-1966) l’a injustement été durant des décennies et, déjà à Montparnasse, où il était arrivé au début des années 1920, il vivait des subsides envoyés par son frère. Est-ce parce qu’il avait choisi la voie de la figuration, laissant l’abstraction à ses compatriotes Zao Wou-ki et Chu Teh-chun ? L’erreur est réparée depuis quelques années dans le monde de l’art et voilà quelques jours, ce Pot de fleurs, une toile d’une intense poésie illuminant la couverture de la Gazette n° 42 du 1er décembre, se détachant sur un fond noir profond relevé d’un entablement d’un rose délicat , se hissait à 8 797 500 € établissant un record occidental (source : Artnet) pour un tableau de ce peintre et collant aux meilleures adjudications internationales pour ses peintures de fleurs. En matière d’œuvres de peintres asiatiques, Paris n’a plus rien à envier à Londres ni même à New York, et se rapproche de Hongkong ! Les nombreux résultats obtenus tout au long de l’année sur ce secteur, principalement portés par la maison de ventes Aguttes, en attestent avec éclat. Sur les murs, aux côtés de Sanyu, étaient présentées des encres et couleurs sur soie des peintres vietnamiens de l’École des beaux-arts d’Hanoï installés en France au début des années 1930. Notamment une Jeune femme accoudée de Lé Phô (1907-2001) en 1943, alanguie à 56 100 €, deux Mai Trung Thu (1906-1980) nous emmenant respectivement Devant l’autel (voir détail page de droite), lequel diffusait ses vapeurs d’encens à 63 750 €, et face à une Mère et enfant de 1969, une ode à la maternité reconnue à 44 625 €, ainsi qu’un Vu Cao Dam (1908-2000), peintre ici de lys odorants pointant à 51 000 €. Un traîneau décidément bien garni, tiré par Deux daims en bronze à patine brune de Rembrandt Bugatti (1884-1916). Cette fonte d’Hébrard, d’un modèle créé en 1905, avançait à 146 625 €.

 

Mai Trung Thu (1906-1980), Devant l’autel, encre et couleurs sur soie, 46 x 54,5 cm (détail). Adjugé : 63 750 €
Mai Trung Thu (1906-1980), Devant l’autel, encre et couleurs sur soie, 46 x 54,5 cm (détail).
Adjugé : 63 750 €

art d'Asie, tableaux modernes, tableaux contemporains, tableaux orientalistes, sculptures, bronzes
lundi 18 décembre 2017 - 14:30 (CET) - Live
Salle 5 - Hôtel Drouot - 75009
Aguttes
Gazette Drouot
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne