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Sallandrouze de Lamornaix, une manufacture d’exception

Publié le , par Sophie Reyssat

Bien que son nom soit aujourd’hui méconnu, cette manufacture de tapis et de tapisseries a connu son âge d’or entre 1810 et 1860. La Cité internationale de la tapisserie, à Aubusson, lui a rendu justice l’an passé, en lui consacrant une exposition documentée par vingt années de recherche. Illustré par 350 photographies et...

Sallandrouze de Lamornaix, une manufacture d’exception


 


Bien que son nom soit aujourd’hui méconnu, cette manufacture de tapis et de tapisseries a connu son âge d’or entre 1810 et 1860. La Cité internationale de la tapisserie, à Aubusson, lui a rendu justice l’an passé, en lui consacrant une exposition documentée par vingt années de recherche. Illustré par 350 photographies et enrichi de fiches techniques, son catalogue fait figure d’ouvrage de référence. Retraçant l’histoire de trois générations d’entrepreneurs, mettant en lumière leurs innovations techniques et artistiques, il replace également leurs réalisations dans le contexte de renouveau du centre textile que représente Aubusson, des enjeux politiques de l’époque, et d’un marché porté par les grandes manifestations parisiennes et internationales. Issu d’une famille de la Marche dont le nom est associé à la tapisserie depuis le XVIe siècle, Jean Sallandrouze de Lamornaix lance véritablement l’aventure en 1802, avec les premiers succès obtenus lors de l’Exposition nationale des produits de l’industrie. Il est alors associé à Guillaume Rogier, avec lequel il fait construire une usine à Aubusson, rationalisant ainsi le processus de production. Une nouveauté pour la ville, qui ne comptait que des ateliers familiaux. C’est le début des commandes prestigieuses, tant officielles que privées. À partir de 1826, Charles reprend l’héritage de son père, qu’il s’applique à développer pendant plus de quarante ans. Il diversifie son offre et sa clientèle en produisant des tapisseries de luxe aussi bien que des portières bourgeoises, des tapis veloutés haut de gamme comme des moquettes meilleur marché. Conscient de l’importance du dessin – certains projets sont reproduits en fin de volume –, il fait notamment appel à Jacques-Louis La Hamayde de Saint-Ange pour les commandes de style néoclassique, et à Amédée Couder pour les nouveautés. Misant lui aussi sur les expositions, il fait feu de tout bois avec ses mandats politiques, ses écrits d’expert et sa volonté de conquérir le marché anglais. Son fils Octave lui succède pour une dizaine d’années, la crise économique suivant la défaite de 1870 ayant précipité la fin de la manufacture, dont l’usine ferme en 1872. 
 

Sous la direction de Jean-François Luneau,
Sallandrouze de Lamornaix, 1801-1878. Histoire d’une manufacture d’exception,
Silvana Editoriale, 656 pages, 49 €.
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