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Rijksmuseum : Rembrandt-Vélasquez. Maîtres hollandais et espagnols

Publié le , par Christophe Averty

Plus qu’un dialogue entre le Nord et le Sud, les 26 face-à-face que présente le Rijksmuseum confrontent deux visions du monde. Rembrandt et Vélasquez s’y donnent la réplique en dépeignant l’invisible, de scènes bibliques en nobles portraits en pied, du dévouement au sacrifice. Avec leurs compatriotes Esteban Murillo ou...

Vélasquez, Vue des jardins de la villa Médicis, Rome, vers 1630 ou 1650. Rijksmuseum : Rembrandt-Vélasquez. Maîtres hollandais et espagnols
Vélasquez, Vue des jardins de la villa Médicis, Rome, vers 1630 ou 1650.
© Musée national du Prado Madrid

Plus qu’un dialogue entre le Nord et le Sud, les 26 face-à-face que présente le Rijksmuseum confrontent deux visions du monde. Rembrandt et Vélasquez s’y donnent la réplique en dépeignant l’invisible, de scènes bibliques en nobles portraits en pied, du dévouement au sacrifice. Avec leurs compatriotes Esteban Murillo ou Juan Sánchez Cotán, pour les Espagnols, Franz Hals ou Nicolas Maes, pour les Hollandais, tous s’accordent avec délicatesse dans un subtil jeu de répons. La Sybille signée Vélasquez, aérienne et poudreuse prophétesse à la peau nacrée, suivant sa lecture d’un doigt sensuel, semble contredire la profonde et austère rigueur de la Liseuse de Rembrandt, aux tons terreux, illuminée par les pages de son livre. Ici, chacun traduit la fulgurance, la compassion ou l’intériorité selon le dogme de sa confession. Plus loin, plus allégorique et hardi aussi, le Saint Sérapion supplicié de Francisco de Zurbarán éclate de blancheur dans sa chasuble, bras noués en hauteur, adoptant un mouvement semblable à celui du Cygne de Jan Asselijn, effrayé par un danger invisible et qui protège sa couvée en étendant ses ailes. Évidente et sensible, l’intention de cette double exposition, qui réunit soixante chefs-d’œuvre et quarante-deux prêts étrangers, célèbre, à la faveur de l’année Rembrandt, l’élan artistique que l’histoire chahutée des Pays-Bas aura instillé aux deux écoles de peinture. Festival de détails délicats dans le traitement de l’espace, du paysage, de la nature morte et de la figure, ce magistral ensemble de maîtres du XVIIe siècle illustre sa force et sa portée dans une ultime et émouvante confrontation. Celle des autoportraits d’un mélancolique et amène Rembrandt et d’un Vélasquez au regard perçant et sans détour, disant chacun et tout autant sa peinture et sa personne.

Rijksmuseum,
1, Museumstraat, Amsterdam, tél. : +31 20 674 7000.
Jusqu’au 19 janvier 2020.
www.rijksmuseum.nl
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