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Rétrospective Dubuffet à la fondation Pierre Gianadda

Publié le , par Harry Kampianne

Tout commence en 1942, quand Jean Dubuffet décide de se remettre définitivement à la peinture. L’artiste de 41 ans prend conscience que « peindre n’est pas teindre » et que « la peinture est un langage beaucoup plus spontané et beaucoup plus direct que les mots, plus proche du cri et de la danse ». La rétrospective que...

Rétrospective Dubuffet à la fondation Pierre Gianadda
Jean Dubuffet (1901-1985), Dhôtel nuancé d’abricot, 1947, huile sur toile, 116 89 cm. © Centre Pompidou, MNAM- CCI/Georges Meguerditchian/Dist. RMN-GP © 2021, ProLitteris, Zurich

Tout commence en 1942, quand Jean Dubuffet décide de se remettre définitivement à la peinture. L’artiste de 41 ans prend conscience que « peindre n’est pas teindre » et que « la peinture est un langage beaucoup plus spontané et beaucoup plus direct que les mots, plus proche du cri et de la danse ». La rétrospective que lui consacre la fondation Pierre Gianadda en partenariat avec le MAM/Centre Pompidou réunit une centaine de pièces, dans un parcours chronologique affûté, volonté de la commissaire Sophie Duplaix, conservatrice en chef du MAM, permettant d’alterner chefs-d’œuvre, dessins et gouaches sur papier. « Rythmer les séries majeures avec la spontanéité de ses premiers travaux, déjà témoins de son intérêt pour l’art brut, les graffitis et les dessins d’enfant, offre la possibilité de comprendre la singularité et l’intégrité du personnage, toujours en quête d’inventions picturales. » L’exemple du Métafizyx, une huile sur toile de 1950 de la série « Corps de dames », illustre ce besoin de s’éloigner de la forme et de la figure au profit d’une réflexion plus approfondie sur la matière, qu’il nommera « Texturologies », et, dès les années 1960, « Matériologies ». Le visiteur s’achemine progressivement vers l’immense cycle de « L’Hourloupe », dans lequel culminent Houle du virtuel et Le Train de pendules, œuvres emblématiques de cette série inaugurant un nouveau langage pictural composé de bulles, d’alvéoles et de hachures. Travaux qu’il décline avec « Coucou Bazar », sculptures/réceptacles dont la mobilité est actionnée par un danseur tout au long de la déambulation. Ses dernières séries, « Psycho-sites » et « Mires », gestuelles vigoureuses et anarchiques, clôturent l’exposition en ayant soin de souligner ce paradoxe : Jean Dubuffet, rétif à l’entre-soi du gotha artistique, a toujours préféré s’entourer d’écrivains (Jean Paulhan, Georges Limbour, Pierre Seghers, etc.), seuls capables selon lui de comprendre son œuvre.

Fondation Pierre Gianadda,
59, rue du Forum, Martigny (Suisse), tél. 
: +41 27 722 39 78.
Jusqu’au 6 juin 2022.
www.gianadda.ch
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