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Renaissance des femmes au château royal de Blois

Publié le , par Christophe Averty

Minoré, réduit voire déprécié, le rôle déterminant d’illustres femmes de la Renaissance peine à s’inscrire dans l’histoire. Pourtant, bien qu’assignées à la descendance dynastique, reines ou régentes, femmes lettrées ou flamboyantes favorites ont participé, parfois présidé aux affaires de l’État, s’érigeant souvent en ministres...

Renaissance des femmes au château royal de Blois
Amélie Cordelier de La Noue (active entre 1831 et 1844), Portrait de Catherine de Bourbon, Pau, musée national du château de Pau.
© RMN-Grand Palais (château de Pau) René-Gabriel Ojeda

Minoré, réduit voire déprécié, le rôle déterminant d’illustres femmes de la Renaissance peine à s’inscrire dans l’histoire. Pourtant, bien qu’assignées à la descendance dynastique, reines ou régentes, femmes lettrées ou flamboyantes favorites ont participé, parfois présidé aux affaires de l’État, s’érigeant souvent en ministres de la Culture avant l’heure. Levant un voile misogyne occultant leur influence, Élisabeth Latrémolière directrice du château, et Sylvie Le Clech, inspectrice générale des patrimoines, replacent Catherine de Médicis, Diane de Poitiers, Marguerite de Valois et nombre de dames de France (telles Anne d’Este ou Catherine Henriette d’Entragues) dans leur vérité historique et leur habileté stratégique. À la légende noire qui a dépeint Catherine de Médicis en empoisonneuse, des jetons d’or frappés à ses armes et un hiératique portrait du XIXe siècle rappellent son autorité et la légitimité de ses missions – cinq régences – à la tête d’un royaume dont la souveraine a constamment assuré l’unité. C’est donc dans une volonté de réhabilitation que « Renaissance des femmes » oscille dans son parcours chronologique, entre réalité et représentation au cœur d’une centaine d’œuvres – toiles, objets, atours et costumes de cinéma. Parmi les pièces phares de cette amène galerie, le traité de Cambrai, signé en 1529 par Marguerite d’Autriche et Louise de Savoie, règle par la « Paix des dames » le différend qui opposait François Ier à Charles Quint, après la bataille de Pavie. En contrepoint, les bijoux, issus des fouilles de la cour du Louvre, un délicat portrait anonyme mythifiant Diane de Poitiers en Diane chasseresse, ainsi que les costumes des films historiques, de La Princesse de Clèves à La Reine Margot, viennent souligner chez ces êtres de puissance une sensualité qui a nui à leur image. Plus qu’un plaidoyer, une démonstration sensible, une cohérente confrontation pour un regard plus juste sur l’art de gouverner, au féminin.

Château royal de Blois,
6, place du Château, tél. 
: 02 54 90 33 33,
Jusqu’au 10 juillet 2022.
www.chateaudeblois.fr
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