Reflets de Chine au Vitromusée de Romont

Le 07 janvier 2020, par Anna Aznaour
Portrait de femme, Chine, vers 1770, Vitromusée, Romont.
© Yves Eigenmann, Fribourg

La «Monna Lisa» chinoise attend ses visiteurs au château du Petit Charlemagne, à Romont ! L’édifice en forme de carré savoyard, construit au XIIIe siècle et devenu Vitromusée en 1981, accueille cent trente peintures sous verre de Chine, prêtées par deux collectionneurs (une idée d’exposition inédite, inspirée par la thèse de doctorat de l’un d’eux, Thierry Audric). De la technique à l’histoire, elle présente trois siècles de cet art en les divisant en deux périodes, de 1750 à 1850, puis de 1850 à 1950. Bien que connue sous nos latitudes depuis l’Antiquité, la peinture sous verre prend véritablement son essor en Italie à la Renaissance, avant d’être découverte par les Chinois au début du XVIIIe siècle. Ainsi, en 1720, ébloui par son esthétique, l’empereur Qianlong s’entoure de ses spécialistes, des peintres jésuites venus d’Europe. «Ce sont eux qui introduisent dans le pays les techniques de l’ombre et de la perspective», explique Elisa Ambrosio, commissaire, avec Astrid Kaiser, de l’événement. Ces connaissances nouvelles, les Chinois les mettent à profit dans le commerce en exportant vers l’Occident, entre 1750 et 1840, des œuvres peintes dans un style européen. Parmi elles, ce portrait d’une mystérieuse jeune femme, datant probablement de 1770. Dès le milieu du XIXe siècle, cet art commence à se démocratiser en Chine où, avec l’éclatement de la première guerre de l’opium en 1839, les ateliers de production se concentrent sur le marché local. Cette évolution donne lieu à un type pictural tourné vers le folklore du pays, comme en témoignent les plus de quatre-vingts pièces exécutées entre 1850 et 1950 : des œuvres ayant pour thèmes des paysages, des scènes de vie, des symboles ancestraux… Produites dans les ateliers, la grande majorité d’entre elles ne sont pas signées. Pour les chefs-d’œuvre qui le sont, de Chagall notamment, il suffira de faire le tour du château, qui en compte plus de mille trois cents dans ses collections.

Vitromusée, Musée suisse du vitrail et des arts du verre,
108B, rue du Château, Romont, Suisse, tél. + 41 
026 652 10 95.
Jusqu’au 1er mars.
www.vitrocentre.ch
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