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Rauschenberg et la Chine

Le 31 janvier 2019, par Caroline Legrand

Robert Rauschenberg est un véritable touche-à-tout. Considéré comme l’un des précurseurs du pop art américain, il a fait évoluer radicalement l’art dans une période d’après-guerre dominée par l’expressionnisme abstrait. Une idée directrice le motivait alors : se rattacher à la réalité. Ainsi disait-il : «La peinture est…

Rauschenberg et la Chine
Robert Rauschenberg (1925-2008), China Mix, 1983, portfolio de 21 photogravures, Iris édition, 1983, signées, numérotées 3/40 et datées au crayon, 52,5 x 67 cm.
Estimation : 20 000/30 000 €

© ROBERT RAUSCHENBERG FOUNDATION / ADAGP, PARIS, 2019

Robert Rauschenberg est un véritable touche-à-tout. Considéré comme l’un des précurseurs du pop art américain, il a fait évoluer radicalement l’art dans une période d’après-guerre dominée par l’expressionnisme abstrait. Une idée directrice le motivait alors : se rattacher à la réalité. Ainsi disait-il : «La peinture est en relation à la fois avec l’art et avec la vie. J’essaie de situer mon travail dans la brèche qui existe entre les deux.» Une devise qu’il appliquera tant à la peinture qu’à la photographie, la sculpture, la chorégraphie, la musique ou la gravure. Si ses débuts, au cours des années 1950, sont en grande partie consacrés à ses «Combine Paintings», des œuvres mêlant des collages à de la peinture et à différents objets, il commence très tôt à utiliser la photo mais aussi les possibilités offertes par la sérigraphie et, comme ici, la photogravure. Cette technique permet d’obtenir à partir d’une image par des moyens mécaniques ou électroniques , des clichés ou plaques destinés à l’impression. Les documents subissent alors une séparation des couleurs. Les trois primaires, plus le noir, en sont extraites puis tramées afin que les différentes valeurs soient reproduites en différentes teintes. Mais certains artistes, dont Robert Rauschenberg, ont décelé dans ce procédé un fort potentiel créatif, notamment avec les échantillons de couleur, dont le magenta, ici utilisé pour illustrer quelques scènes de la vie quotidienne de la vie en Chine communiste. Dans ce portfolio, l’artiste rend hommage à un pays où il a séjourné à de nombreuses reprises. Grand voyageur, il visite outre l’Europe et l’Afrique du Nord  l’Asie dès 1964. Il expose notamment son travail en 1985, au Musée national de Chine, accueilli par une nouvelle génération d’artistes désireux de s’ouvrir aux autres cultures et à l’art contemporain occidental. C’est à cette époque qu’il lance son projet Rauschenberg Overseas Culture Interchange (ROCI), avec la volonté de voir des personnes de différentes cultures échanger sur leur vécu et leur expérience, les évolutions sociales, urbaines, mais aussi environnementales.
 

 

art moderne et contemporain, design
samedi 09 février 2019 - 14:30 (CET) - Live
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