Gazette Drouot logo print

Rare sculpture de Georges Jouve

Publié le , par Caroline Legrand
Vente le 09 avril 2022 - 14:00 (CEST) - 12-14, rue Peyronnet - 33800 Bordeaux

Inédite sur le marché, cette œuvre a été présentée par Georges Jouve à l’occasion du 36e Salon des artistes décorateurs à Paris, en 1952.

Georges Jouve (1910-1964), Sans titre, vers 1952, sculpture murale, épreuve en céramique... Rare sculpture de Georges Jouve
Georges Jouve (1910-1964), Sans titre, vers 1952, sculpture murale, épreuve en céramique émaillée noir, accroche en métal nickelé, 25 56 cm.
Estimation : 15 000/20 000 
Adjugé : 287 000 €

Si ses vases de forme libre sont nombreux sur le marché, ses sculptures se font plus rares. D’après une photographie reproduite en page 6 de la revue Mobilier et décoration de juin 1952, montrant le stand de Maurice Pré, Georges Jouve présenta cette sculpture murale, ou un modèle identique, au 36e Salon des artistes décorateurs de Paris. À suspendre et réversible, en céramique émaillée noir, elle est ici complète de son support d’origine, formant système d’accroche, en métal nickelé. Avec ses formes épurées et éminemment modernes, d’une esthétique marquée par les années 1950, cette œuvre est le parfait témoin de l’apport majeur de son créateur au renouveau des arts du feu dans les années d’après-guerre. À l’instar de nombreux autres artistes venus de différents domaines, il va en effet repenser la céramique, abandonnant les conventions pour se tourner tantôt vers un minimalisme pur, tantôt vers une excentricité décorative. Dans ce contexte, Georges Jouve a eu un parcours emblématique. Enfant de deux décorateurs, il se forme à l’histoire de l’art à l’école Boulle tout en suivant une formation de sculpteur. Après des débuts dans le décor de théâtre, la guerre change tout. Fait prisonnier, il s’évade et se réfugie chez ses beaux-parents à Dieulefit, dans la Drôme, où il découvre le travail de la terre. Initié aux traditions populaires, il s’en inspire, ainsi que de la nature, pour réaliser des poteries prenant les traits d’animaux ou de figures de Bacchus. À partir de 1945, dans son atelier parisien de la rue de la Tombe-Issoire, il se lance dans une création qu’il exposera ensuite dans le monde entier. Une nouvelle période commence en 1954 avec son installation au Pigonnet, à Aix-en-Provence : marquée par l’abstraction et de nouvelles techniques de travail, sa production se rapproche de la sculpture et du modelage, offrant des pièces d’un aspect unique, à la surface émaillée, aux couleurs tantôt noires, tantôt vives et aux formes plus épurées. Une nouvelle esthétique est née.

Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 2 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne