Gazette Drouot logo print

Rare maquette du Saint-Sépulcre

Publié le , par Caroline Legrand
Vente le 06 octobre 2022 - 13:00 (CEST) - 3, place Franklin - 06000 Nice

Conservée dans la même famille depuis son acquisition au XVIIIe siècle, cette maquette de l’un des monuments les plus sacrés du monde chrétien a été réalisée à Bethléem. 

Bethléem, seconde moitié du XVIIe siècle. Maquette de l’église du Saint-Sépulcre,... Rare maquette du Saint-Sépulcre
Bethléem, seconde moitié du XVIIe siècle. Maquette de l’église du Saint-Sépulcre, bois d’olivier, nacre, ivoire et os, 22 41 35 cm. 
Estimation : 12 000/15 000 


Seules une trentaine de maquettes du Saint-Sépulcre datant du XVIIe siècle sont arrivées jusqu’à nous. Elles sont pour la plupart conservées dans des musées. Ainsi le British Museum de Londres, le Palazzo Pitti de Florence et le Bayerisches Nationalmuseum de Munich en possèdent-ils une ; en France, on peut également en voir au Mucem de Marseille et au musée de la ville de Poitiers. L’apparition d’un tel exemplaire sur le marché fait donc figure d’événement, d’autant que celui-ci est demeuré dans la même famille depuis son acquisition au XVIIIe siècle par Philip Gillès (1685-1750), écuyer seigneur de Menquedorne et régent des pauvres catholiques d’Amsterdam. Réalisée en bois d’olivier incrusté de nacre et d’ivoire, cette maquette – qui sera vendue accompagnée de celle de la chapelle du Calvaire, également en bois d’olivier et incrustations de nacre, à motif sur le toit de la Vierge de douleur (8,5 10 8,5 cm) – relève d’un travail palestinien. Depuis le XIVe siècle et la création de la custodie de la Terre sainte, les franciscains ont fortement incité au développement de l’artisanat dans la région. Traditionnel, celui du bois et de la nacre va être largement pratiqué pour la confection d’objets souvenirs du pèlerinage à Jérusalem et dans tous les lieux saints. Aux côtés des plaques d’ivoire sculpté ou d’ampoules contenant l’huile des lampes du Saint-Sépulcre ou de l’eau du Jourdain, sont donc fabriquées ces maquettes. Elles étaient vendues entre 5 et 20 scudi à la fin du XVIIe siècle, aussi bien aux princes européens qui soutenaient l’apostolat des franciscains qu’à tout autre pèlerin sur place. Un souvenir des plus parlants de ce lieu vénéré depuis l’Antiquité, dont Saint Louis possédait d’ailleurs une pierre dans une grande châsse précieusement conservée à la Sainte-Chapelle. Celle que l’on appelle aussi l’« église de la Résurrection » accueille en ses murs le Golgotha (lieu du supplice du Christ), la pierre de l’Onction et le tombeau du Sauveur. Comme en témoigne cet exemplaire parfaitement complet, y compris de l’édicule de l’Anastasis, et abrité dans une boîte en cuir à ses dimensions, ces maquettes sont confectionnées en plusieurs parties qui s’emboîtent pour retranscrire fidèlement l’édifice avec ses chapelles, ses cryptes et autres éléments cachés sous la coupole. Entièrement recouvert de semis de fleur de lys, ce précieux ouvrage pourrait avoir été commandé à l’origine par un pèlerin français ou un prince Farnese…

Art religieux
jeudi 06 octobre 2022 - 13:00 (CEST) - Live
3, place Franklin - 06000 Nice
Millon Riviera
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 2 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne