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Quatre oiseaux exotiques parés à prendre leur envol

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 17 novembre 2018 - 14:30 (CET) - 12-14, rue Peyronnet - 33800 Bordeaux

Lorsque le peintre Jacques Barraband et la manufacture de porcelaines Dihl et Guérhard s’unissent, cela donne le meilleur.

Jacques Barraband (1768-1809) et Dihl et Guérhard, peinture sur plaque de porcelaine... Quatre oiseaux exotiques parés à prendre leur envol
Jacques Barraband (1768-1809) et Dihl et Guérhard, peinture sur plaque de porcelaine représentant un faisan doré de la Chine et trois perroquets sur une terrasse et troncs d’arbres, datée «an 6», 59,5 x 49,8 cm, cadre en bois doré d’origine.
Estimation : 100 000/150 000 €

Quel morceau de bravoure ! Réunir sur une même plaque de porcelaine quatre volatiles qui semblent s’ignorer royalement chacun étant convaincu d’avoir le plus beau plumage relève de la gageure artistique. Le défi ne pouvait être relevé que par l’un des plus grands peintres d’oiseaux de la fin du XVIIIe siècle et du début de l’époque Empire : M. Jacques Barraband (1768-1809) pour le nommer. Et pourtant, lorsqu’il accomplit cette prouesse, l’artiste, natif d’Aubusson, où son père dirige un atelier de tapisserie, est encore un inconnu du grand public. Cette œuvre sera présentée lors de l’Exposition des produits de l’industrie française de l’an VI (1797-1798) à Paris, sur le stand de la manufacture Dihl et Guérhard. C’est elle qui va lui ouvrir les portes de la renommée. La même année, il en reprend le sujet pour le déposer sur une peinture sur bois elle orne la couverture de Jacques Barraband, peintre sous Napoléon Ier de Robert Guinot (Paris, 2002). Et surtout, sa carrière de peintre d’histoire naturelle commence… Douze années de production intense verront éclore, sous son pinceau délicat, des centaines de bêtes à plumes colorées, qui se retrouveront à animer les pages d’ouvrages zoologiques de référence cent quarante-cinq pour l’Histoire naturelle des perroquets de François Levaillant, presque autant pour son Histoire naturelle des oiseaux de paradis et des rolliers, quarante-quatre pour la section d’histoire naturelle de La Description de l’Égypte ou des pièces des manufactures de porcelaine de Sèvres ou de Dihl et Guérhard. Il est temps de nous intéresser à cette dernière. Christophe Dihl (1752-1830), seul aux commandes depuis le décès en 1793 de son associé, dirige l’une des rares fabriques ayant survécu à la Révolution française. L’homme, ambitieux et visionnaire, veut hisser la porcelaine à un rang supérieur dans la hiérarchie des arts. Pour ce faire, il s’entoure des meilleurs talents de l’époque : Barraband bien sûr, mais aussi Sauvage, Drolling, Mallet, Demarne ou encore Swebach-Desfontaines. En parallèle, il mène d’intenses recherches sur les fonds colorés, permettant d’obtenir des trompe-l’œil d’agate, de lapis, d’écaille, de jaspe, de vermeil ou de bronze patiné du plus bel effet. Les productions nées dans ces années sont de toute beauté, et permettront à la maison de se ranger aux côtés des premiers porcelainiers d’Europe. Alors, à ces oiseaux au si beau plumage, il ne manque que le ramage. Nul doute qu’il devrait se faire entendre haut et fort !

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