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Quand Monet était caricaturiste

Publié le , par Caroline Legrand

La caricature fut le premier mode d’expression du maître impressionniste, à une époque où il se faisait encore appeler « Oscar ».

Claude Monet (1840-1926), Caricature de Paul Bodereau, avocat, fusain et craie blanche... Quand Monet était caricaturiste
Claude Monet (1840-1926), Caricature de Paul Bodereau, avocat, fusain et craie blanche sur papier brun, signé « O. Monet », 52,4 33,7 cm à vue.
Estimation : 15 000/20 000 

Si le monde entier connaît aujourd’hui ses fantastiques compositions impressionnistes, ses paysages de Giverny ou ses vues du Parlement londonien, Claude Monet a débuté sa carrière par des caricatures… dont il eut d’ailleurs bien du mal à se détacher. C’est en effet à l’âge de 10 ans que le garçon commence à croquer ses proches. Initié très jeune par sa mère aux arts graphiques, le Havrais perfectionne déjà sa technique à l’école de dessin de la ville. Bien vite, il accède à la notoriété et ses dessins se vendent. « À 15 ans, j’étais connu dans tout Le Havre comme caricaturiste », a-t-il expliqué. « Ma réputation était si bien établie que de tous les côtés, des gens sont venus me voir et m’ont harcelé pour des caricatures. J’avais tellement de demandes, et l’argent de poche que ma mère pouvait m’épargner était si maigre, que j’ai été amené à faire un pas audacieux, un pas qui, inutile de le dire, a choqué mes parents : J’ai commencé à vendre mes portraits » (Claude Monet par Maria Tsaneva, 2013). Jamais passée en vente, conservée dans une collection normande depuis des générations, cette caricature de l’avocat Paul Bodereau porte encore la signature « O. Monet », Oscar étant son premier prénom. L’artiste en herbe s’est formé à ce genre au contact de la presse de son temps, qui était illustrée uniquement de dessins. Il prit ainsi l’habitude de saisir les hommes de la bourgeoisie havraise, mais aussi des touristes anglais, très présents en Normandie, qu’il affublait d’une grosse tête, à la manière d’un Nadar, et d’une silhouette filiforme. C’est grâce à la vente de ces feuilles d’une grande modernité, qui lui ont rapporté quelque 2 000 francs, qu’il peut partir pour Paris en 1859, à un peu plus de 18 ans. L’année précédente, un artiste lui avait ouvert de nouveaux horizons : Eugène Boudin. Ce dernier découvrit son talent chez un marchand havrais, au travers de ces fameuses caricatures ! Il tenta alors, patiemment, d’intéresser le jeune garçon à d’autres sujets, et notamment à la peinture de plein air. Monet refusait au départ de l’accompagner dans ses séances… heureusement, il changea bien vite d’avis.

dimanche 14 août 2022 - 14:30 (CEST) - Live
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