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Psautier calligraphié sur parchemin

Le 21 février 2019, par Anne Doridou-Heim

Les belles lettrines et miniatures à fond d’or d’un psautier du XIIIe siècle faisaient le bonheur des enchères.

Psautier calligraphié sur parchemin
Flandres ou nord de la France, vers 1250-1280. Psautier calligraphié sur parchemin, composé de 186 feuillets écrits recto verso sur seize lignes par page, illustré de miniatures, lettrines et décors marginaux, 12,5 9,5 cm.
Adjugé : 516 600 

Il devait être l’ouvrage qui obtiendrait le meilleur résultat (voir Gazette no 5 du 8 février page 49). Il l’a été de loin, en effet, dépassant même les plus grandes espérances puisque ce psautier calligraphié sur parchemin a attendu l’enchère de 516 600 € pour dévoiler ses 186 feuillets illustrés de miniatures, lettrines et décors marginaux. Très exactement, il rassemble un calendrier liturgique complet agrémenté de douze miniatures à fond d’or, les cent cinquante Psaumes de David suivis du début des Cantiques, neuf miniatures à pleine page sur fond d’or (l’une reproduite page 66), dix lettrines historiées, auquelles s’ajoutent 166 lettrines dorées ornementales et une profusion de petites initiales. L’existence d’une miniature mettant en scène Saint François d’Assise prêchant aux oiseaux (voir ci-dessus) suggère la proximité de l’ouvrage avec l’ordre franciscain, hypothèse corroborée par la présence très active de l’ordre à Bruges et à Gand dès la canonisation de son saint (1228). Un très beau prix qui couronne un document rare, réalisé dans le silence d’un atelier des Flandres ou du nord de la France, entre les ans de grâce 1250 et 1280. Nous sommes en plein développement du gothique, une période féconde et propice au recueillement. Elle voit s’opérer une métamorphose : les initiales enluminées, mises en place pour servir de repères dans les articulations du texte, s’enrichissent de prolongements, qui vont donner naissance aux bordures et aux encadrements végétaux et floraux. Tout artistes qu’ils soient, les moines calligraphes sont soumis à des règles très strictes. En aucun cas, ils ne peuvent laisser libre cours à leur créativité et doivent respecter des normes de placement des décors par rapport au texte et de mode de représentation de ces éléments aucune liberté non plus de définir son programme iconographique. Malgré ces contraintes, ils vont donner naissance à de véritables bijoux dont le style pictural va évoluer tout au long du Moyen Âge. Au XIIIe siècle, les formes sont dessinées à peine modelées et les coloris restreints, témoignant d’un art roman toujours prégnant. Petit à petit, la scène va adopter plus de naturalisme pour aboutir à la chatoyance des productions parisiennes, autour de 1400.

Livres anciens, illustrés modernes
mercredi 13 février 2019 - 13:30 (CET) - Live
Salle 6 - Hôtel Drouot - 75009
Kâ-Mondo
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