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Prix d’excellence pour Criaerd

Publié le , par Claire Papon
Vente le 10 juin 2022 - 13:30 (CEST) - Salle 5-6 - Hôtel Drouot - 75009

Vedette d’une vente classique, ce meuble estampillé Mathieu Criaerd met toutes les chances de son côté : dimensions, originalité du modèle, qualité de la marqueterie et, surtout, des bronzes.

Mathieu Criaerd (1689-1776), commode à portes ouvrant à deux tiroirs et deux vantaux... Prix d’excellence pour Criaerd
Mathieu Criaerd (1689-1776), commode à portes ouvrant à deux tiroirs et deux vantaux en placage de satiné
et de bois de violette marqueté de pointes de diamants dans des croisillons, dessus de marbre brèche d’Alep,
bronzes dorés ciselés, époque Louis 
XV, 91,5 176 67,5 cm.
Estimation : 80 000/120 000 
Adjugé : 556 800 

Le mobilier XVIIIe subit depuis une dizaine d’années le désamour du public, ce n’est plus un secret et seules les productions «exceptionnelles» tirent leur épingle du jeu. Si l’on en croit l’expert de la vente Jacques Bacot, cette commode devrait dépasser largement son estimation. L’affaire est donc sérieuse… Son bon état de conservation plaide en sa faveur, tout comme ses généreuses dimensions qui la destinent à une grande demeure. Ajoutons que les modèles à portes, appelés «à la Régence» à l’époque de Louis XV, sont rares : celle-ci ouvre à deux tiroirs sans traverse et à deux vantaux latéraux découvrant des tablettes. Sa façade et ses côtés galbés sont ornés d’un décor marqueté, et surtout de bronzes ciselés de feuillages, fruits et bandes brettées à agrafes. Cerise sur le gâteau, elle est inédite sur le marché. Si sa sœur jumelle conservée à la Wallace Collection à Londres est attribuée à Bernard Van Riesen Burgh (B.V.R.B.) – un point qui pose donc question aujourd’hui –, aucun doute quant à l’auteur de notre meuble : l’ébéniste et marchand originaire de Bruxelles, actif à Paris dès 1723, mais reçu maître seulement en 1738, Mathieu Criaerd. Outre son estampille, le décor marqueté en frisage de bois de violette dessinant des croisillons et pointes de diamant est caractéristique de son œuvre à ses débuts. Le style et l’ornementation des bronzes correspondent au goût en vigueur dans la première moitié du règne de Louis XV, le répertoire décoratif se rapprochant de ceux de Gaudreaus et Cressent. Le fer de l’estampille non émoussé par l’usage, et les bronzes non poinçonnés au «C» couronné – une obligation entre 1745 et 1749 – permettent de dater cette commode entre 1738 et 1745. Malgré une tradition familiale, il semble peu probable, en l’absence de numéro d’inventaire, qu’elle ait été acquise dans l’une des ventes révolutionnaires à Versailles de 1793, 1794 ou 1795. Alors même que l’excellence du travail de Criaerd lui avait valu d’être employé au service de la Couronne…

vendredi 10 juin 2022 - 13:30 (CEST) - Live
Salle 5-6 - Hôtel Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre & Associés
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