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Première rétrospective Toyen au musée d’Art moderne de Paris

Publié le , par Ezra Nahmad

Fruit d’une coproduction impeccable, tchèque, allemande et française, cette exposition consacre une grande artiste surréaliste, sous-estimée et oubliée depuis que le surréalisme a été « assigné à résidence », vers la fin des années 1960. Rêveuse, introvertie, néanmoins rebelle, Toyen (1902-1980) est douée d’une énergie...

Toyen, Le Reste de la nuit, 1934, huile sur toile, 91,5 x 72,5 cm, R2G Art Foundation,... Première rétrospective Toyen au musée d’Art moderne de Paris
Toyen, Le Reste de la nuit, 1934, huile sur toile, 91,5 72,5 cm, R2G Art Foundation, Prague.
© ADAGP / Paris, 2022

Fruit d’une coproduction impeccable, tchèque, allemande et française, cette exposition consacre une grande artiste surréaliste, sous-estimée et oubliée depuis que le surréalisme a été « assigné à résidence », vers la fin des années 1960. Rêveuse, introvertie, néanmoins rebelle, Toyen (1902-1980) est douée d’une énergie exceptionnelle. Elle peint, dessine, édite des livres avec ses compagnons et amis, toujours habitée par une détermination rigoureuse et une intuition poétique rare. Artiste tchèque, d’abord francophile, puis exilée en France après l’annexion de son pays dans le bloc soviétique, Toyen (de son vrai nom Marie Cermínová) fait partie des avant-gardes tchèques dans les années 1920, avec Teige et Nezval. Elle se rapproche du surréalisme vers le milieu des années 1930, et devient intime de Breton, Tanguy, Perret et de tant d’autres. Ses premières œuvres, inspirées du music-hall et du cirque, lumineuses, heureuses, affichent volontiers un érotisme débridé et jouissif. Dès ses débuts, elle conservera un goût de la mise en scène, du jeu et des duplicités de l’illusion théâtrale. L’accrochage évoque ensuite la seconde moitié des années 1920, durant lesquelles elle évolue vers l’abstraction, avant de s’inscrire plus franchement dans la mouvance surréaliste. Avec la descente aux enfers européenne et les ravages de la guerre, elle explore un univers plus sombre, empreint de solitude et de dévastation, mais où affleure toujours une forme d’innocence visionnaire. Le parcours chronologique se poursuit jusque dans les années 1970, alors qu’elle produit des œuvres mystérieuses et raffinées, où des océans vierges, des regards ébahis, des corps doués d’une animalité muette, dévoilent un monde où tout paraît possible. Documenté, l’accrochage est juste, efficace.

Musée d’Art moderne de Paris,
11, avenue du Président-Wilson, Paris 
XVIe, tél : 01 53 67 40 00,
Jusqu’au 24 juillet 2022.

www.mam.paris.fr
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